Skip to main content

Full text of "Études d'entomologie : Faunes entomologiques ; descriptions d'insectes nouveaux ou peu connus"

See other formats


COLLECTION 


William  Schaus 


PRESENTED 


National  Muséum 

MCMV 


t 


>*• 


ETUDES  D’ENTOMOLOGIE 


62- 

L'i  w<?  1 
-'ËTvtf-. 

ETUDES 


FAINES  ENTOllOLOGIQUES 


DESCRIPTIONS  D’INSECTES  NOUVEAUX 


QU  PEU  CONNUS 


Par  Charles  OBERTHLJR 

/'  * 


RENNES 

IMPRIMERIE  OBERTHUR^  ET  FILS 


\  Vo  3>  Q 


I.  —  ÉTUDE 


SUR  LA 


FAUNE  des  LÉPIDOPTÈRES 


DE  L’ALGÉRIE 


PRÉFACE 


Avant  l’époque  mémorable  où  l'armée  française  com¬ 
mença  la  conquête  de  l'Algérie,  l’histoire  naturelle  de 
ce  pays  était  fort  peu  connue. 

Le  fanatisme  et  la  défiance  des  populations  musul¬ 
manes  qui  ferment  encore  aujourd’hui  aux  Européens 
l'accès  de  l’intérieur  du  Maroc,  avaient  empêché  les 
voyageurs-naturalistes  de  pénétrer  dans  les  Etats  bar- 
baresques. 

Aussi  les  premières  études  sur  les  productions  natu¬ 
relles  de  l’Algérie  datent-elles  seulement  des  années  qui 
suivirent  la  prise  d’Alger. 

C’est  à  des  officiers  que  revient  l’honneur  de  ces 
premiers  travaux. 

Plusieurs  d’entre  eux  utilisaient  au  profit  de  la  science 
les  marches  et  les  expéditions  militaires,  et  malgré  les 
fatigues  et  les  dangers  d’une  guerre  incessante,  trou¬ 
vaient  le  temps  de  former  et  d’envoyer  en  France  des 
Collections  d'un  grand  intérêt. 

Feu  les  généraux  Levaillant  et  Pradier  se  sont  dis¬ 
tingués  au  premier  rang  de  ces  officiers-naturalistes. 

L’Entomologie,  aux  progrès  de  laquelle  ils  se  sont 


X 


PRÉFACE 


principalement  consacrés,  conserve  précieusement  leur 
sympathique  souvenir. 

Cependant  la  domination  française  s’affermissait  en 
Algérie  et  les  explorations  scientifiques  pouvaient  s’y 
faire  sans  danger.  C’est  alors  que  se  multiplièrent  les 
observations  des  naturalistes. 

Dans  la  classe  des  Insectes  qui  nous  occupe  spéciale¬ 
ment,  l’ordre  des  Coléoptères  fut  l’objet  principal  des 
études  et  des  recherches. 

Les  autres  ordres  sont  restés,  comme  partout  du  reste, 
relativement  moins  connus,  et  le  seul  auteur  dont  les 
travaux  aient  embrassé  l'Entomologie  algérienne  tout 
entière,  est  M.  Lucas,  aide-naturaliste  au  Muséum, 
membre  de  l’Expédition  scientifique  envoyée  en  Afrique 
par  le  Gouvernement  français  et  l’un  des  auteurs  du 
magnifique  ouvrage  qui  fut  publié  par  l'Imprimerie  na¬ 
tionale  à  la  suite  de  cette  Expédition. 

Les  Papillons  notamment  étaient,  jusqu’à  ces  dernières 
années,  fort  peu  répandus  dans  les  Collections  françaises, 
et  à  part  le  travail  d’ensemble  fait  par  M.  Lucas,  la 
Faune  lépidoptérologique  de  l’Algérie  n’était  connue 
que  par  des  descriptions  ou  des  notes  isolées  publiées 
dans  les  Annales  de  la  Société  entomologique  de  France 
spécialement  par  MM.  Donzel,  Bruand  et  Pierret. 

Il  a  fallu,  pour  faire  avancer  cette  partie  de  la  science, 
le  zèle  d’un  explorateur  qui  se  consacre  tout  entier 
à  l'histoire  naturelle  et  qui,  dans  l’unique  but  de  travailler 
au  progrès  de  l’Entomologie,  a  entrepris  en  Algérie  cinq 


PRÉFACE 


XI 


voyages  successifs,  dans  lesquels  il  a  exploré  les  trois 
provinces  d'Oran,  Alger  et  Constantine,  étendant  ses 
recherches  vers  le  sud,  jusqu’à  Tuggurt  et  Ouargla. 

Je  veux  parler  de  M.  Gaston  Allard,  d’Angers,  dont 
l’amitié  déjà  ancienne  a  pour  moi  tant  de  prix. 

Ses  deux  premiers  voyages  furent  faits  en  1864  et 
1866.  Les  Annales  de  la  Société  entomologique  de  France 
contiennent  le  résumé  des  chasses  de  M.  Allard,  ainsi 
que  les  descriptions  des  espèces  nouvelles  de  Lépi¬ 
doptères  qu’il  avait  pu  recueillir. 

J’eus  le  plaisir  d’être,  en  1868,  son  compagnon  dans 
une  troisième  exploration  qui  eut  pour  but  les  provinces 
d’Alger  et  de  Constantine. 

En  1869-70,  M.  Allard  visita  la  province  d'Oran,  et 
l'année  passée  (1875),  avec  mon  frère  René,  il  parcourut 
de  nouveau  les  provinces  d’Alger  et  de  Constantine. 

Ce  dernier  voyage  fut  extrêmement  fructueux  pour 
l'Entomologie.  Outre  un  nombre  considérable  de  Co¬ 
léoptères,  ces  Messieurs  ont  rapporté  beaucoup  de 
Papillons  dans  un  état  parfait  de  préparation  et  de 
conservation. 

Grâce  à  la  libéralité  de  M.  Allard,  qui  a  pris  de  l'ac¬ 
croissement  de  ma  Collection  le  soin  le  plus  généreux, 
je  me  suis  trouvé  en  possession  de  nombreux  documents 
sur  la  Faune  entomologique  de  l’Algérie. 

En  outre,  j’ai  reçu  de  M.  Achille  Raffray,  pendant 
qu’il  habitait  Boghari,  un  certain  nombre  d’espèces 
intéressantes  de  Lépidoptères.  D’autre  part,  mon  ami 


XII 


PRÉFACE 


M.  Depuiset,  naturaliste  à  Paris,  m’a  procuré  beaucoup 
de  Papillons  récoltés  aux  environs  de  Collo  par  le 
Dr  Seriziat.  Ce  médecin  militaire  avait  eu  soin  de 
prendre  des  notes  détaillées  sur  ses  chasses  entomolo- 
giques.  J’en  ai  obtenu  communication  et  je  dois  dire 
quelles  m’ont  beaucoup  servi.  Toutes  les  observations 
sont  précises,  exactes  et  remarquablement  judicieuses. 

Enfin,  M.  Fallou  m’a  fait  part  d'une  liste  des  captures 
faites  dans  la  province  d'Oran  par  M.  AVarion,  de  Metz, 
officier  aux  zouaves. 

C’est  avec  tous  ces  documents  et  ceux  que  m'a  fournis 
la  Collection  du  Dr  Boisduval,  actuellement  jointe  à  la 
mienne,  que  j’ai  rédigé  la  Faune  lépidoptérologique  de 
l'Algérie. 

Afin  de  présenter  un  tableau  aussi  complet  que  possible 
de  nos  connaissances  actuelles,  j’ai  indiqué  en  note  les 
espèces  signalées  par  divers  auteurs  comme  habitant 
l’Algérie  et  que  je  n’ai  pas  reçues  moi-même  de  cette 
contrée,  ni  sur  lesquelles  je  n’ai  pu  obtenir  de  renseigne¬ 
ments  directs. 

Puissent  les  explorations  futures  augmenter  cet  in¬ 
ventaire  !  Le  champ  est  bien  vaste,  et  dans  un  ordre 
d'insectes  où  les  espèces  habitent  souvent  une  localité 
très-circonscrite  et  ne  paraissent  à  l'état  parfait  que 
quelques  jours  chaque  année,  on  peut  pour  longtemps 
encore  espérer  des  découvertes. 

C’est  avant  tout  un  devoir  pour  moi  de  remercier,  au 
nom  de  mon  frère  et  de  M.  Gaston  Allard,  les  autorités 


PRÉFACE 


XIII 


militaires  de  l'Algérie,  qui  leur  ont  prêté  leur  bienveillant 
appui  et  ont  ainsi  beaucoup  contribué  aux  heureux 
résultats  de  leur  voyage. 

Je  suis  donc  leur  interprète  en  adressant  l’expression 
de  leur  reconnaissance  à  M.  le  Général  Chanzy,  Gou¬ 
verneur  général,  et  à  MM.  les  Officiers  des  bureaux 
arabes. 

M.  Gaston  Allard  et  mon  frère  ont  désiré  que  les 
espèces  nouvelles  qu’ils  avaient  découvertes  fussent 
dédiées  à  ceux  qui  les  ont  accueillis  avec  tant  d’obli¬ 
geance  et  de  cordialité. 


I.  —  DIURNES 


Papilio  Feisthamelii,  Dur. 

Lambèze;  Menah  et  tout  le  Djebel- Aurès;  environs  de  Collo,  etc.  ; 
vole  dans  les  régions  boisées,  surtout  autour  des  prunelliers  et  des 
arbres  fruitiers.  Le  type  algérien  11e  diffère  pas  du  type  d’Espagne 
ou  du  Roussillon. 

Papilio  Machaon  »  Lin- 

Bou-Sàada;  Laghouat,  etc.  ;  le  type  de  Laghouat  est  fort  remar¬ 
quable;  les  Machaons  pris  au  désert  par  M.  Allard  sont  de  petite 
taille  (à  peine  grands  comme  R.  Cleopatra )  et  très-chargés  de 
noir.  Les  parties  jaunes  y  sont,  par  conséquent,  fort  réduites,  ainsi 
que  l’œil  rouge  de  l'angle  anal. 

Thaïs  Rumina,  L. 

Province  d’Oran  (Allard)  ;  environs  de  Collo  (Seriziat)  ;  vole  en 
mars  et  avril. 

A  Oran,  on  trouve  quelquefois  la  variété  ochracée,  qui  a  été 
appelée  Canteneri  dans  le  Catalogue  publié  en  1871  par  M.  Stau- 
dinger.  Cette  variété  est  assez  rare. 

A  Tlemcen,  on  rencontre  un  type  d’un  jaune  pâle  tout-à-fait  de 
la  nuance  du  T.  Medesicaste  de  Provence. 

Leuconea  Cratægi,  L. 

Pieris  Napi,  L.  —  Rapæ,  L.  —  Brassicæ,  L. 

Communes  en  Algérie,  certaines  années. 

Pieris  Daplidice,  L. 

Biskra;  Collo;  prov.  d’Oran. 


16 


DIURNES 


Anthocharis  Belemia  (*),  Esper. 

Lambèze;  Lalla-Maghrnia,  en  avril  ;  Collo,  en  février  et  mars. 

Anthocharis  Glauce  (*),  Hbn. 

Alger;  Biskra  ;  Bou-Sâada  ;  Oran;  Djebel-Aurès  ;  Collo,  etc., 
en  mars,  avril  et  mai  ;  vole  surtout  dans  les  champs  d’orge  et  de  blé. 

Anthocharis  Falloui,  Allard. 

Toujours  plus  rare  que  ses  congénères,  dont  elle  est  à  tous  égards 
bien  distincte.  Elle  a  été  trouvée  à  Bou-Sâada,  l'année  dernière 
(1875),  par  M.  Allard.  Le  type  de  cette  localité  est  absolument 
identique  à  celui  de  Biskra,  où  l’espèce  avait  été  primitivement 
découverte. 

Anthocharis  Belia,  Cram. 

Lambèze;  Bab-Taza;  Lalla-Maghrnia;  Collo,  en  avril. 

Anthocharis  Ausonia,  Hbn. 

Bou-Sâada;  Menah;  Collo,  en  mai  ;  vole  particulièrement  dans 
les  moissons. 

Anthocharis  Charlonia,  Donzel  ( Levaillantii ,  Lucas). 

Cette  charmante  espèce  appartient  à  la  faune  saharienne.  Cepen¬ 
dant,  Gaston  Allard  l'a  rencontrée  en  mars  1870,  près  d’Oran,  sur 


(*)  M.  Staudinger,  de  Dresden,  réunit  Glauce  et  Belemia  comme  deux  types  ou 
plutôt  deux  variétés  de  saison  d'une  même  espèce. 

Nous  ne  demandons  pas  mieux  cpie  d'admettre  comme  vraie  cette  proposition, 
dont  M.  Staudinger  a  dû  vérifier  avec  soin  et  par  des  éducations  suivies  toute  l’exac¬ 
titude.  La  réunion  de  Prorsa  et  de  Lcvana,  fait  depuis  longtemps  acquis  à  la 
science,  semble  plus  surprenante  encore. 

Cependant,  nous  nous  souvenons  d’avoir  rencontré  ensemble,  le  même  jour  et 
dans  le  même  lieu  (Malaga,  15  mars  1867),  Glauce  et  Belemia,  et  nous  avons  observé 
que  le  vol  de  Glauce  différait  de  celui  de  Belemia  ;  que  ces  deux  Anthocharis  ne 
se  confondaient  point  ensemble,  et  qu'il  était  possible,  en  les  voyant  voltiger,  de 
distinguer  l’ime  de  l’autre. 

Personne  plus  que  nous  n’est  partisan  de  la  réunion  en  une  seule  espèce  de  types 
ou  formes  qu’on  avait  autrefois  séparés,  et  que  des  études  plus  attentives  ne  per¬ 
mettent  plus  désonnais  de  tenir  à  part  ;  mais  nous  avons  fait  avec  soin  l’observation 
que  nous  venons  de  relater,  et  nous  serions  heureux  de  recevoir  des  renseigne¬ 
ments  nouveaux  qui  nous  permissent  de  résoudre  définitivement  cette  intéressante 
question. 


DIURNES 


17 


le  versant  oriental  du  Djebel-Santa-Cruz.  Mais  ce  n'est  point  là  la 
véritable  patrie  de  cette  Piéride,  qui  vole  surtout  abondamment  aux 
environs  d’El-Kantara  (¥)  (province  de  Constantine)  ;  dans  la  région 
comprise  entre  Biskra  et  Bou-Sâada  (surtout  près  du  petit  village  de 
Roumana)  ;  autour  de  Bou-Sàada,  au  pied  du  mont  Kerdada;  à  Baya 
(province  d’Oran),  etc.  La  femelle  diffère  du  mâle  par  une  taille  un 
peu  plus  grande;  mais  elle  est  aussi  vivement  colorée. 

Nous  avons  plusieurs  fois  remarqué  des  A.  Charlonia  volti¬ 
geant  longtemps  autour  des  chevaux,  dont  la  sueur  semble  les 
attirer.  Souvent  même  on  pouvait  les  saisir  sans  descendre  de 
cheval. 

L  ’Anthocharis  Penia,  Fr  R.,  est  une  variété  asiatique  de  la  Char¬ 
lonia.  L'A.  Penia  est  d’un  blanc  jaunâtre  assez  pâle,  tandis  que (*) 


(*)  El-Kantara  est  la  première  oasis  du  désert,  et  parmi  toutes  les  beautés  de 
l'Algérie,  la  gorge  d'El-Kantara  est  justement  renommée. 

De  Batna,  quand  on  se  dirige  vers  le  sud,  le  pays  est  d’abord  montagneux,  es¬ 
carpé.  Ce  sont  des  rochers  rougeâtres,  aux  formes  massives  et  sauvages,  des  murs 
abrupts,  un  sol  aride,  presque  totalement  dépourvu  de  végétation. 

Çà  et  là,  au  fond  d'un  ravin,  coule  un  torrent  que  les  chaleurs  de  l’été  ne  tardent 
pas  à  tarir. 

Pendant  douze  heures  environ,  on  voyage  sur  cette  route  monotone  qu'ont  frayée 
nos  soldats.  Enfin,  on  arrive  à  une  maison  adossée  à  un  mur  de  rochers  qui  ferme 
toute  espèce  d’horizon  et  dont  la  hauteur  semble  considérable.  Un  sentier  sinueux, 
péniblement  ouvert  par  des  régiments  dont  une  inscription  gravée  sur  le  rocher 
garde  le  nom  et  assure  le  souvenir,  traverse  cette  muraille,  d'ailleurs  fort  profonde. 

Dans  cette  galerie  courent  en  grand  nombre,  montées  sur  leurs  longues  pattes,  les 
Adesmia  Bisltrensis,  et,  moins  agiles,  se  traînent  diverses  Pimélics. 

Tout  d'un  coup,  comme  par  un  magique  effet  de  théâtre,  l’horizon  s’ouvre  brusque¬ 
ment.  On  sort  du  tunnel,  et  au  loin,  devant  soi,  s’étend  et  se  développe  le  Sahara. 

Comme  premier  plan,  une  oasis  de  palmiers  vigoureux  et  serrés;  puis,  au-delà,  le 
désert  immense,  brillant  sous  le  soleil  et  semblant  presque  animé,  tant  les  colonnes 
de  chaleur  qui  s’enlèvent  de  terre  sont  mobiles,  tant  les  ombres  sont  vives  et  éner¬ 
giquement  accusées  ! 

Une  chaîne  de  montagnes,  fort  éloignée  cependant,  mais  dont  tous  les  détails 
apparaissent,  grâce  à  la  transparence  de  l'atmosphère,  se  déroule  à  l’horizon,  colorée 
de  teintes  pourpres  et  violacées,  et  termine  ce  magnifique  tableau. 

L ’Anth.  CharUrnia  vole  avec  vivacité  au  milieu  de  la  plaine  et  elle  se  dérobe 
comme  une  flèche  aux  yeux  du  chasseur. 

Fatigués  d’une  course  ardente  pour  saisir  cette  brillante  espèce,  nous  nous  as¬ 
sîmes  près  d’une  fontaine  où  se  baignaient  des  enfants.  Des  femmes  au  type  biblique 
lavaient  des  étoffes  en  les  frottant  en  cadence  avec  leurs  pieds  et  en  s’accompagnant 
d’une  chanson  au  refrain  uniforme,  mais  dont  le  rhythme  n’était  pas  sans  charme. 
Nous  considérâmes  quelque  temps  cette  scène  encadrée  dans  un  admirable  paysage 
et  notre  esprit  en  éprouva  une  émotion  assez  profonde  pour  que  le  souvenir  y  de¬ 
meurât  à  jamais  gravé. 


2 


18 


DIURNES 


Charlonia  est  d’un  jaune  un  peu  verdâtre,  mais  très-vif.  De  plus, 
la  frange,  rosée  dans  Charlonia,  est  blanche  dans  Penia.  Je  me 
suis  assuré  que  Charlonia,  Donzel,  et  Levaillanlii,  Lucas,  ne 
sont  qu’une  seule  et  même  espèce.  Il  y  a  des  variétés  de  taille  et  de 
coloration,  surtout  dans  la  tache  apicale  noire,  qui  est  plus  ou  moins 
étendue;  mais  ces  différences  sont  trop  peu  importantes  pour  qu’on 
puisse  établir  des  races  séparées. 

Anthocharis  Douei  (*),  Pierret. 

Alger;  Philippeville  et  Stora;  Constantine;  Oran;  Bab-Taza; 
Collo;  tout  le  Djebel-Aurès  ;  Aïn-Khala,  etc. 

Fort  abondamment  répandue,  de  mars  à  juin,  dans  les  trois  pro¬ 
vinces,  où  elle  remplace  YEupheno  d’Espagne  et  du  midi  de  la 
France. 

Les  femelles  varient,  comme  celles  ( YEupheno  du  reste,  pour  la 
dimension  et  la  coloration  de  la  tache  apicale.  Je  possède  deux 
femelles  prises  à  Aïn-Khala,  qui  sont  remarquables  en  ce  que  la 
couleur  orangée  descend  de  l’extrémité  de  l’aile  supérieure  jusqu’à 
la  tache  noire  qui  ferme  la  cellule.  Le  faciès  de  ce  type  est  tout  diffé¬ 
rent  de  celui  des  autres  localités. 

Calicharis  Nouna,  Lucas  (an  Delphine  Bdv.  ?). 

Cette  espèce  est  extrêmement  voisine  de  Delphine  Bdv.,  qui  vient 
de  Cafrerie.  Je  n’ai  pu  voir  même  les  caractères  par  lesquels  il  serait 
possible  de  distinguer  les  exemplaires  algériens  de  ceux  de  l’Afrique 
australe,  et  je  crois  bien  que  le  nom  de  Nouna  fait  double  emploi 
avec  celui  de  Delphine. 

M.  G.  Allard  et  mon  frère  en  ont  pris  chacun  un  exemplaire  dans 
le  Djebel-Aurès,  à  Menah,  sur  les  bords  de  l’Oued-Biskra,  après 
un  épouvantable  orage  qui  avait  fait  naître  en  deux  heures  de  véri¬ 
tables  torrents. 


(*)  C’est  cette  espèce  que  M.  Staudinger  appelle  Eiipheno,  tandis  que  notre 
Eupheno  de  Provence  est  baptisé  d’un  nom  tout  nouveau,  Euplicnoïdes  !  Notre 
langue  entomologique  deviendrait  absolument  à  rapprendre  si  chaque  auteur  se 
mettait  ainsi  à  bouleverser  la  nomenclature  et  modifiait,  suivant  ses  caprices,  les 
dénominations  acceptées  depuis  si  longtemps  par  tous  les  entomologistes  de  tous  les 
pays. 


DIURNES 


19 


Toutes  les  recherches  pour  trouver  d’autres  individus  de  cette 
jolie  Calicharis  furent  absolument  sans  résultat ,  bien  qu’elles 
eussent  été  poursuivies  avec  la  plus  grande  attention  et  pendant  une 
partie  de  la  journée  du  lendemain. 

Cette  Calicharis  fut  trouvée  posée  sur  des  tiges  de  chardons  d’où 
on  la  fit  s’enlever  en  battant.  Dans  le  même  lieu,  se  trouvaient 
posées  de  la  même  façon,  A.  Glauce  et  A.  Ausonia. 

O 

Rhodocera  Rhamni,  L. 

Collo  (Seriziat),  dans  les  broussailles,  en  avril  et  juillet;  mais 
rare;  Bône  (Gandolphe). 

Rhodocera  Cleopatra,  L. 

Yole  abondamment  dans  beaucoup  de  localités  du  littoral,  au  pre¬ 
mier  printemps  et  en  été;  ne  diffère  pas  du  type  de  Provence;  aux 
environs  d’Alger,  on  la  voit  dès  les  mois  de  janvier  et  février,  notam¬ 
ment  sur  les  coteaux  de  Mustapha. 

Colias  Edusa,  Fab. 

Bou-Sâada;  Nemours;  Collo,  etc.,  en  mars,  avril,  puis  en  juillet 
et  août. 

Colias  Hyale,  Lin. 

Collo;  El-Haçaïba,  commencement  de  juin. 

Thecla  Quercûs,  Lin. 

Boghari  (Ach.  Raffray). 

Diffère  un  peu  du  type  français  par  la  teinte  du  dessous,  qui  est 
plus  pâle,  plus  grise  et  plus  effacée. 

Thecla  Æsculi,  Fab. 

Tuelagh;  El-Haçaïba;  Collo,  en  juin. 

Yole  abondamment  autour  des  buissons  de  chêne  vert,  sur 
lesquels  elle  se  repose.  Les  taches  rouges  en  dessous  sont  extrême- (*) 


(*)  I.eiicopliiisin  SinupiN  et  Lcucopliasia  I.utliyri,  Alger  (Collection  Bdv.) 


20 


DIURNES 


ment  réduites,  ainsi  que  les  lignes  blanches,  ce  qui  fait  différer  un 
peu  la  Th.  Æsculi  d’Algérie  de  celle  du  Midi  de  la  France. 

Thecla  Rubi,  Lin. 

Collo  ;  Oran,  en  mars. 

Le  type  de  Rubi  est  très-remarquable  en  Algérie,  par  la  ligne 
blanche  du  dessous,  qui  est  bien  accusée,  plus  large  et  plus  nette¬ 
ment  tracée  que  dans  les  exemplaires  de  France. 

Polyommatus  Ballus,  Lin. 

Très-abondant  à  Lambèze,  où  nous  le  trouvions  vers  la  mi-avril. 
Habite  aussi  les  environs  de  Collo,  Bab-Taza,  Alger,  Philippeville, 
Constantine,  etc. 

Polyommatus  Mauritanicus,  Lucas. 

Yole  vers  la  mi-mars  aux  environs  d’Alger,  sur  les  pentes  méri¬ 
dionales  de  coteaux  calcaires  qui  font  face  au  Jardin  d’Essai  ;  se 
trouve  aussi  à  Bab-Taza,  en  avril. 

Cette  espèce,  qui  semble  spéciale  à  l’Algérie,  a  un  peu  le  vol  du 
Cœnonympha  Pamphilus.  Elle  se  pose  de  préférence  sur  le  sol 
avec  lequel  elle  se  confond. 

Polyommatus  Phlæas,  L. 

Commun  partout  presque  toute  Tannée. 

Cigaritis  Syphax,  Lucas. 

Collo,  où  M.  le  I)r  Seriziat  a  recueilli  un  grand  nombre  d’individus 
de  cette  espèce.  Elle  vole  à  peu  près  tout  Tété,  mais  plus  abon¬ 
damment,  toutefois,  en  avril  et  juillet.  On  la  retrouve  jusqu’en 
septembre.  Elle  habite  les  collines  arides  et  aime  à  se  reposer  dans 
l’herbe  courte  et  sur  la  terre  nue. 

Cigaritis  Zohra,  Donzel  ( Massinissa  Lucas). 

Roumana,  sur  la  route  de  Bou-Sàada  à  Biskra  ;  puis  sur  les  bords 
de  l’Oued-Chaïr. 

MM.  G.  Allard  et  R.  Oberthür  ont  capturé  plusieurs  individus 


DIURNES 


21 


des  deux  sexes  de  ce  beau  Cigaritis  que  distingue  le  fond  blanc 
pur  de  ses  ailes  inférieures  en  dessous. 

J’ai  examiné  le  C.  Massinissa,  type  qui  est  dans  la  collection 
du  Muséum  de  Paris,  et  je  n’ai  pu  voir  en  quoi  il  différait  du 
C.  Zohra  décrit  par  feu  Donzel  dans  les  Annales  de  la  Société 
entomologique  de  France  en  1847.  Il  me  semble  que  Massinissa 
et  Zohra  ne  désignent  qu’une  seule  et  même  espèce,  et  le  nom  de 
Massinissa  doit  céder  la  place  à  celui  de  Zohra ,  plus  ancien. 

Cigaritis  var.  Jugurtha,  Oberthur. 

Saïda,  plateaux  élevés  à  l’est  de  la  ville;  diffère  de  Zohra,  parce 
que  le  fond  des  ailes  inférieures  en  dessous  est  fauve  au  lieu  d’être 
blanc,  parce  que  les  ailes  en  dessus  sont  d’un  fauve  brun  plus 
obscur,  enfin  parce  que  la  taille  est  plus  petite. 

Cette  variété,  qui  est  constante  et  à  laquelle  se  rapportent  tous  les 
exemplaires  que  j’ai  vus,  a  été  capturée  par  M.  G.  Allard,  près 
d’un  ruisseau,  dans  un  site  qui  rappelle  les  paysages  des  Alpes; 
elle  voltigeait  sur  les  fleurs  avec  vivacité. 

Lycæna  Telicanus,  IIbn. 

Alger,  vers  la  mi-mars;  nous  en  prîmes  quelques  exemplaires  du 
côté  du  Jardin  d’Essai  et  du  ravin  appelé  «  de  la  Femme-Sauvage,  » 
près  Alger. 

Lycæna  Theophrastes,  Fab. 

Aïn-Tolba;  Lalla-Maghrnia,  fin  avril;  Collo,  depuis  juillet 
jusqu’en  octobre;  Roumana  ;  Biskra  ;  El-Kantara,  au  printemps. 
Voltige  toujours  autour  des  touffes  de  jujubiers  et  se  trouve  partout 
où  croît  cet  arbrisseau. 

Lycæna  Abencerragus,  Pierret. 

Cette  espèce  est  commune  dans  les  trois  provinces,  région  du 
littoral  et  des  hauts  plateaux.  Nous  en  recueillîmes  des  individus 
excessivement  petits,  aux  environs  de  Lambèze,  en  avril  1868.  La 
Lycæna  Hylas  d’Europe  est  remplacée  en  Algérie  parla  L.  Aben¬ 
cerragus. 


99 


DIURNES 


Lycæna  Lorquinii,  H.  S. 

Col  de  Taza,  avril  1870  :  semble  assez  rare.  Le  type  est  grand  et 
bien  coloré. 

Lycæna  Lysimon,  Gon. 

Djebel-Aurès  (Djemorah)  ;  Collo,  en  janvier. 

Lycæna  Allardii  Obertiiür  ( Petites  Nouvelles  entomolog.,  n°  103, 
1er  juillet  1874). 

Sebdou,  5  mai  1870,  sur  des  coteaux  boisés,  couverts  de  chênes 
verts  et  de  lentisques  ;  Gaston  Allard  a  pris  2  cr  parfaitement  sem¬ 
blables  de  cette  espèce  très-tranchée,  et  a  eu  la  gracieuseté  de  m’en 
donner  un  exemplaire.  C’est  surtout  par  la  couleur  grise  foncée  et 
mordorée  du  dessous  que  le  Lycæna  AUardii  est  remarquable. 
Les  ocelles  noirs,  entourés  d’un  liséré  blanc,  tranchent  vivement 
sur  la  couleur  du  fond  et  donnent  à  cette  espèce  un  aspect  tout  par¬ 
ticulier. 

Lycæna  Alexis,  Hbn. 

Collo;  Lambèze;  prov.  d’Oran,  etc.;  ne  diffère  point  du  type 
européen.  On  trouve  des  ç  bleues,  d’autres  brunes,  comme  en 
France. 

Lycæna  Argiolus,  Esper. 

Collo,  en  mars  et  avril. 

Lycæna  Cyllarus,  Esper. 

Collo,  en  avril,  puis  en  juillet;  commun  sur  les  ronces  en  fleurs, 
dans  les  bois,  le  long  des  ruisseaux,  etc. 

Lycæna  Martinii,  Allard. 

Lambèze,  en  mai. 

On  ne  connaissait  que  les  femelles  de  L.  Martinii  lorsque  M.  Allard 
décrivit  cette  espèce  dans  les  Annales  de  la  Société  entomologique 
de  France. 

En  1875,  M.  Allard  et  mon  frère  recueillirent  à  Lambèze  et  dans 


DIURNES 


23 


le  Djebel-Aurès  une  très-grande  quantité  d’individus  des  deux 
sexes,  et  je  décris  le  mâle,  qui  n’était  pas  encore  connu. 

Il  est  de  la  taille  d 'Acis;  les  ailes  sont  uniformément  bleues  en 
dessus,  entourées  d’une  très-fine  bordure  brune.  La  frange  est 
blanche.  La  teinte  du  bleu  est  à  peu  près  celle  de  Scbrus,  un  peu 
moins  violacée  cependant. 

En  dessous,  il  ressemble  beaucoup  à  Bellis,  mais  la  couleur  du 
fond  est  d’un  gris  de  lin  moins  brun  que  dans  Bellis. 

La  femelle  varie  un  peu  en  dessus  ;  dans  certains  individus,  les 
ocelles  fauves  qui  surmontent  les  points  noirs  situés  le  long  du  bord 
de  l’aile  inférieure  sont  très-apparents  et  se  continuent  jusqu’à  moitié 
des  ailes  supérieures  ;  dans  d’autres,  ces  ocelles  fauves  sont  à  peine 
indiqués. 

La  Lyc.  Martinii  est  bien  voisine  en  dessous  de  L.  Bellis,  et 
bien  qu’en  dessus  elle  soit  d’un  aspect  tout  différent,  je  crois  que  ce 
n’est  qu’une  modification  algérienne  de  la  Bellis  de  Turquie  d’Asie. 

Lycæna  Agestis,  Hbn. 

Lambèze  ;  Collo.  Dans  les  individus  de  Lambèze,  la  bordure  des 
taches  rouges  qui  suit  le  bord  extérieur  des  ailes  est  large  et  très- 
vivement  colorée. 

Lycæna  Adonis,  IIbn.,  var.  o",  Punctifera,  Obr. 

Lambèze,  où  on  trouve  un  type  très-remarquable.  Il  est  grand, 
vivement  coloré,  et  les  ailes  inférieures  du  mâle  sont  marquées 
en  dessus,  près  de  la  frange,  d’une  bordure  de  gros  points  noirs. 
Parmi  les  femelles,  certaines  sont  bleues  et  appartiennent  à  la 
variété  Ceronus;  d’autres  sont  brunes  comme  celle  des  environs 
de  Paris  ;  d’autres  enfin  font  le  passage  entre  les  deux  types. 

Lycæna  Melanops,  Bdv. 

Macta,  premiers  jours  d’avril;  Nemours;  Alger;  Lambèze,  etc. 
Répandu  dans  les  trois  provinces,  mais  partout  assez  peu  abondant. 
Le  type  algérien  est  semblable  au  type  du  sud  de  l’Espagne. 

Lycæna  Iolas,  Ocns. 

Sebdou,  en  mai;  se  distingue  du  type  européen,  parce  que  les 


24 


DIURNES 


points  noirs  sont  presque  totalement  effacés  aux  ailes  inférieures 
en  dessous. 

Argynnis  Pandora,  Esper. 

Lambèze;  Daya,  en  juin;  grand  et  beau  type.  Cette  espèce 
remonte  très-haut  le  long  des  côtes  de  l’Océan.  Elle  est  commune 
dans  le  Morbihan,  et  je  l’ai  même  prise  aux  environs  de  Rennes. 

Argynnis  Paphia,  L. 

Collo  (Seriziat). 

Argynnis  Lathonia,  L. 

Sebdou,  en  mai. 

Melitæa  Dejone,  Hbn. 

Tlemcen,  en  avril  ;  ne  diffère  pas  de  la  Dejone  des  Pyrénées- 
Orientales. 

Melitæa  Desfontainii,  Godart. 

Prise  le  8  juin  entre  Daya  et  El-Haçaïba,  sur  des  pentes  couvertes 
de  cistes,  lentisques  et  autres  arbustes  de  la  flore  méditerranéenne. 
Je  crois  que  c’est  bien  le  type  Desfontainii  de  Godart,  semblable 
en  dessus  à  Melitæa  Bcetica  Rambur,  mais  en  dessous  ressemblant 
plutôt  à  Artémis  J  var.  Provincialis,  ou  à  Beckeri. 

Le  Papillon,  que  beaucoup  de  collections  françaises  possèdent  sous 
le  nom  de  Desfontainii  et  qui  vient  d’Espagne,  n’est  pas  du  tout 
semblable  à  celui  d'Algérie,  qui  me  paraît  être  une  transition  re¬ 
marquable  entre  la  M.  Bcetica  et  la  M.  Beckeri  d’Espagne  (vulgo 
Desfontainii). 

Melitæa  Ætherie,  Hbn. 

Lambèze. 

Cette  Mélitée,  me  semble-t-il,  ne  doit  pas  être  considérée  seulement 
comme  une  modification  locale  de  Phœie  dont  elle  est  très-distincte, 
mais  bien  comme  une  espèce  à  part.  Le  type  algérien  est  de  grande 
taille;  les  femelles  sont  un  peu  verdâtres,  tandis  que  celles  d’Espagne 
sont  plus  ordinairement  fauves. 


DIURNES 


Melitæa  Phœbe,  L.  var.  Punica,  Obr. 

Lambèze. 

Dessinée  comme  Pliœbe,  mais  plus  petite  et  d’une  couleur  uni¬ 
forme  fauve  pâle,  d’un  ton  assez  voisin  de  celui  de  Cinxia.  J’ai  sous 
les  yeux  six  individus  absolument  pareils  et  M.  G.  Allard  en  possède 
autant.  La  race  est  donc  constante  et  le  faciès  bien  différent  de 
celui  de  Phœbe  européenne.  Cependant,  les  formes  et  les  dessins 
étant  les  mêmes,  je  crois  que  la  Melitæa  Punica  n’est  qu’une 
modification  locale  remarquable  de  Phœbe. 

Melitæa  Dydima,  L. 

Prov.  d’Oran  ;  Philippeville;  Aïn-Khala;  Collo. 

A  Philippeville,  le  type  est  semblable  à  celui  des  Pyrénées- 
Orientales;  mais  je  possède  une  ç  prise  à  Aïn-Khala,  qui  est  fort 
remarquable.  Elle  est  en  dessus  d’un  fauve  brique  éclatant,  les 
taches  noires  sont  vives  et  grosses.  C’est  tout  l’opposé  du  type  à  ailes 
pâles,  verdâtres  ou  rembrunies,  qu’on  trouve  à  Philippeville  et  aux 
Pyrénées. 

Melitæa,  Ab.  Deserticola,  Obr. 

Biskra. 

D’un  fauve  très-pâle  en  dessus  et  en  dessous  avec  les  mêmes  taches 
noires  que  Dydima,  mais  petites  et  souvent  à  peine  indiquées;  la 
massue  des  antennes  jaune,  tandis  qu’elle  est  noire  dans  Dydima; 
l’abdomen  fauve  pâle  de  la  couleur  des  ailes. 

Comme  Dydima  est  une  espèce  très-variable  et  que  mon  frère 
a  pris  un  seul  exemplaire  du  papillon  que  je  décris,  je  crois  ne  devoir 
considérer  cet  unique  individu  que  comme  une  aberration  de 
Dydima.  Si  cependant  on  en  prenait  dans  le  même  lieu  d’autres 
pareils,  il  me  paraît  qu’on  devrait  considérer  Deserticola  comme 
une  espèce  distincte.  Le  caractère  des  antennes  à  massue  jaune  des 
deux  côtés  me  semble  très-important. 

Vanessa  Cardui,  L. 

Répandue  dans  toute  l’Algérie  et  quelquefois  extrêmement 


commune. 


26 


DIURNES 


Vanessa  Atalanta,  L. 

Région  du  littoral  (Collo)  ;  plus  rare  que  Cardui. 

Vanessa  Polychloros,  L. 

Collo;  d’un  type  plus  vivement  coloré  qu’en  France. 

Vanessa  C.  Album,  L. 

Collo;  plus  rare  qu’en  Europe. 

Lybithæa  Celtis,  Fab. 

Collo. 

Charaxes  Jasius,  Lin. 

Collo,  en  juin  et  septembre.  Ces  cinq  espèces  ont  été  prises  par 
M.  Seriziat,  à  qui  je  suis  redevable  des  indications  qui  les 
concernent. 

Arge  Galathea,  Lin.  Var.  Mauritanica,  Obr. 

Lambèze,  commune  à  la  fin  de  mai.  Cette  belle  Arge  est  de 
grande  taille.  Ses  dimensions,  bien  supérieures  à  celles  du  type 
d'Europe,  atteignent  celles  des  plus  grands  individus  de  Clotho , 
dont  elle  a  au  premier  abord  tout-à-fait  l’aspect.  M.  Lucas  a  dé¬ 
terminé  Clotho  (avec  un  point  de  doute,  il  est  vrai),  un  exemplaire 
pris  aux  environs  de  Bougie  (voir  Explor.  Algérie,  pl.  2,  fig.  4), 
et  M.  Allard  avait  appelé  A  trop  os  quelques  individus  recueillis  par 
lui  à  Lambèze,  en  1864.  J’ai  acquis  la  certitude  cependant  que 
Y  Arge  en  question  est  plutôt  voisine  de  Galathea  que  de  Clotho , 
et  j’ai  pu  former  mon  opinion  en  examinant  un  grand  nombre 
d’individus  parfaitement  frais.  Tous  ont  bien  absolument  les  mêmes 
dessins  que  Galathea.  M.  Lucas  a  figuré  un  individu  à  fond  jaune. 
Presque  tous  ceux  que  j’ai  vus  sont  à  fond  blanc.  Les  ?  surtout 
sont  magnifiques;  les  taches  noires  sont  vives  et  grandes  et  les 
ocelles  des  ailes  inférieures  bien  apparents. 

L 'Arge  Mauritanica  vole  dans  les  prairies,  absolument  comme 
Galathea  et  Lachesis  en  France. 


DIURNES 


27 


Arge  Inès,  Hoffmansegg. 

Bou-Sâada  ;  Oran,  etc..,  fin  avril  ;  cette  belle  Arge,  spéciale  à  l’Es¬ 
pagne  méridionale  et  à  l’Algérie,  éclot  vers  la  fin  du  mois  d’avril  et 
le  commencement  de  mai.  Aux  environs  d’Oran,  elle  est  surtout 
commune  sur  le  versant  oriental  du  Djebel  Santa-Cruz;  elle  vole 
aussi  àConstantine,  dans  les  ravins  au  fond  desquels  coule  le  Rummel. 

Satyrus  Abd-el-Kader,  Pierret. 

Djebel- Aurès  et  Lambèze.  Cette  magnifique  espèce  a  été  prise  assez 
abondamment,  en  1875,  par  M.  G.  Allard  et  mon  frère.  Mais  les 
beaux  exemplaires  sont  bien  rares  :  sur  seizé  exemplaires  de  ma 
collection,  un  seul  est  absolument  intact;  le  «S1.  Abd-el-Kader  ne 
varie  guère  que  par  la  taille. 

Satyrus  Hermione,  L. 

Collo,  en  juillet. 

Satyrus  Semele,  L.,  var.,  Algirica,  Obr. 

Daya ;  Lambèze;  Collo;  d’un  aspect  assez  différent  de  celui  des 
Semele  de  l’Europe  centrale  et  méridionale.  Dans  le  mâle  d’Algérie, 
les  taches  fauves  clair  des  ailes  en  dessus  sont  aussi  vivement  mar¬ 
quées  que  dans  la  femelle  de  France.  En  dessous,  la  vivacité  des  tons 
fauves  rappelle  Y  Aristœus  de  Corse  et  Sardaigne. 

Satyrus  (*)  Briseis,  L.,  var.,  Major,  Obr. 

Boghari;  j’ai  reçu  de  M.  Raffray  une  femelle  dont  la  taille  est 
aussi  grande  que  celle  des  plus  grands  individus  de  Y  Hermione.  La 
disposition  des  taches  est  bien  la  même  que  dans  le  type  français. 

Satyrus  (**)  Fidia,  L. 

Collo,  en  juillet  et  août. 

Satyrus  Ægeria,  L. 

Macta,  en  avril;  Alger;  Menah;  etc. 


(*)  Satyrus  Priouri s  Bougie  (Pierret). 

(**)  Satyrus  l'auna:  Oran  (Lucas). 


28 


DIURNES 


Satyrus  Megæra,  L. 

Bab-Taza,  en  avril. 

Satyrus  Pasiphaë,  Esp. 

Oran  ;  Macta  ;  Nemours,  en  avril  et  mai. 

Satyrus  Janira,  L.,  var.,  Hispulla,  Hbn. 

Lambèze;  Daya,  au  commencement  de  juin. 

Satyrus  Janiroïdes,  H.  S.  ( Tisamene ,  Bdv.) 

Collo  ;  il  semble  commun  autour  de  cette  ville,  dans  les  clairières 
et  les  chemins  d’exploitation  des  forêts  de  chênes-liége,  où  M.  Seriziat 
en  a  récolté  un  grand  nombre  d’exemplaires.  Il  paraît  en  juin,  juillet 
et  août. 

Satyrus  Ida,  Esp. 

Collo,  en  juillet. 

Satyrus  Eudora,  Esp. 

El-Haçaïba;  Tuelagh,  en  juin. 

Cœnonympha  Arcanoïdes,  Pierret. 

Collo  (Seriziat)  ;  Arzew,  en  mars  ;  Nemours,  avril. 

Cœnonympha  Fettigii ,  Obr.  ( Petites  Nouvelles  entomologiques, 
n°  103). 

Tuelagli,  5  juin. 

Ce  joli  Satyre,  qui  semble  intermédiaire  entre  Pamphilus  et 
Parus,  est  une  des  plus  intéressantes  découvertes  de  Gaston  Allard. 

Cœnonympha  Pamphilus,  L. 

Boghari;  Bab-Taza. 

Diffère  peu  du  type  européen. 

Hesperia  (*)  Hamza,  Obr. 

Oran,  mi-mai. 


(*)  Hesperia  I.inea ;  Alger  ;  Constantine  (Lucas). 


DIURNES 


29 


Se  place  près  à' Aetœon,  dont  elle  a  la  teinte  jaune  brun  et  l’aspect 
général . 

Dans  le  mâle,  les  ailes  sont  en  dessus  d’une  couleur  presque 
uniforme,  sans  autre  dessin  que  la  virgule  noire,  à  peu  près  comme 
dans  Linea,  mais  moins  marquée.  Les  ailes  sont  bordées,  immédia¬ 
tement  avant  la  frange,  qui  est  brune  d’abord  et  s’éclaircit  au  bord 
externe,  d’un  très-mince  filet  brun  très-foncé,  tandis  que  dans 
Aetœon  et  Linea J  cette  bordure  est  infiniment  plus  dilatée. 

En  dessous,  les  ailes  sont  d’un  fauve  rougeâtre  très-vif. 

La  femelle  diffère  du  mâle  par  l'absence  de  la  virgule  noire,  par 
une  teinte  un  peu  moins  chaude  tant  en  dessus  qu’en  dessous. 

L 'Hesperia  Hamza,  dont  le  nom  rappelle  le  grand  agitateur  du 
Sud,  est  intermédiaire  entre  Aetœon  et  Linea.  Elle  ne  pourra 
être  confondue  avec  celle-ci,  principalement  à  cause  de  sa  couleur 
rembrunie  en  dessus,  rougeâtre  en  dessous,  ni  avec  celle-là,  surtout 
à  cause  de  l’absence  à  l’aile  supérieure  des  petites  taches  plus  claires 
que  le  fond  et  qui  forment  dans  Aetœon  comme  un  petit  arc  de 
cercle  au-delà  de  la  cellule  discoïdale. 

Hesperia  Actæon,  Esper. 

Lambèze  ;  Collo  ;  Constantin!  ;  ne  diffère  pas  du  type  que  nous 
prenons  en  France  ;  rare  en  Algérie. 

Hesperia  Lineola,  Ociis. 

Lambèze,  en  avril  ;  très-commune  dans  les  prairies. 

Hesperia  Nostradamus,  Fab. 

Collo,  où  elle  paraît  deux  fois  en  avril  et  en  juillet;  Biskra,  sur 
les  chemins  et  au  bord  de  l’Oued-Biskra,  où  elle  n’était  pas  rare  en 
1875. 

Spilothyrus  Malvæ,  Hbn. 

Lambèze;  Collo. 

Spilothyrus  Marrubii,  Ramb. 

El-Ixantara;  Lambèze;  aime  à  se  poser  sur  la  menthe,  et  est 
très-commune  dans  les  localités  où  croît  cette  plante. 


30 


DIURNES 


Syricthus  (*)  Proto,  Esper. 
Oran;  Collo  ;  Tuelagh. 

Syricthus  Carthami,  Hbn. 
Lambèze;  Collo. 

Syricthus  Sao,  Hbn. 

Lambèze;  Collo;  Nemours. 


(*)  Syricthus  Alveus;  Alger;  Constantine  ;  Lacalle  (Lucas). 
Syricthus  Onopordi  5  Alger  (Lucas). 

Syricthus  Thcrapne;  Alger  (Lucas)  ;  Oran  (Warion). 


IL  —  SPHINGIDES 


Sesia  (*)  Ceriæformis,  Lucas. 

N’est  pas  très-rare  à  Larabèze.  Mon  frère  en  a  pris  un  exemplaire 
dans  les  pattes  mêmes  d’un  diptère  qui  s’en  était  saisi  et  s’envolait 
avec  sa  proie. 

Sesia  Asiliformis,  Esper. 

Collo  (Seriziat). 

Macroglossa  Stellatarum,  L. 

Répandu  dans  toute  l’Algérie. 

Macroglossa  Fuciformis,  L. 

Lambèze. 

Acherontia  Atropos,  L. 

Province  d’Oran  ;  Collo;  paraît  rare  en  Algérie. 

Sphinx  Convolvuli,  L. 

Collo,  en  juin,  septembre  et  octobre;  on  le  voit  au  crépuscule 
voltiger  quelquefois  abondamment  sur  les  fleurs  de  pancratium 
maritimum,  plante  qui  croît  aux  bords  de  la  mer. 


(*)  Koala  Krosiformis  ;  environs  d'Alger  (Lucas). 

Kesia  Pliilniitiformis  :  Constantine  et  Milah  (Lucas). 

Kosia  Tcnthrcdiniformis  ;  Hippone  (Lucas). 

Kcaia  Kïrpliîformia  ;  Cercle  de  La  Galle  (Lucas). 

Keaia  K  u  ”  I  o**æ  l'or  mi  h  :  Setif  (Lucas). 

Kcsia  Miniacea;  Lambèze  (Allard). 

L  y  a  certainement  en  Algérie  de  nombreuses  espèces  de  Sésics  cpie  des  recherches 
ultérieures  feront  connaître. 


32 


SPHINGIDES 


Deilephila  Celerio,  L. 

Alger;  Oran. 

Deilephila  Lineata,  Fab. 

Semble  répandu  dans  les  trois  provinces.  Mon  frère  l’a  élevé  de 
chenille,  à  Biskra. 

Deilephila  Tithymali,  Bdv. 

Lambèze;  Biskra. 

Mon  frère  a  élevé  sur  une  euphorbe  des  chenilles  qu’il  avait 
trouvées  à  Biskra  et  à  Lambèze.  Les  papillons  sont  éclos  en  juin, 
à  Paris.  Ceux  provenant  des  chenilles  récoltées  à  Biskra  sont  petits; 
mais  je  possède  un  exemplaire  de  Lambèze  dont  la  taille  égale  en 
grandeur  le  D.  JSiccva .  La  chenille  figurée  par  M.  Bellier  dans  les 
Annales  de  la  Société  entomologique  de  France  est  exactement 
semblable  à  celles  que  mon  frère  a  trouvées  en  Algérie  et  dont  il 
a  rapporté  deux  exemplaires  soufflés. 

J’ai  comparé  le  D.  Tithymali,  dont  je  possède  deux  exemplaires 
pris  à  Ténérifie,  avec  les  Deilephila  rapportés  par  mon  frère.  Je  ne 
vois  d’autre  différence  qu’à  l’aile  supérieure  dans  la  bande  blan¬ 
châtre  transverse  qui  est  plus  étroite  dans  les  individus  algériens 
que  dans  ceux  des  Canaries.  Mais  par  ailleurs,  les  caractères  essen¬ 
tiels  sont  absolument  les  mêmes  ;  les  épaulettes  sont  bordées  de  blanc 
des  deux  côtés  ;  l’abdomen  porte  les  mêmes  taches  latérales  noires  ; 
enfin,  les  nervures  sont  indiquées  en  blanc.  J’ai  donc  cru  devoir 
rapporter  à  I).  Tithymali  les  Deilephila  pris  par  mon  frère. 

Deilephila  Mauretanica,  Stgr. 

Diffère  seulement  du  précédent  parce  que  les  épaulettes  ne  sont 
pas  bordées  de  blanc  intérieurement. 

Je  ne  crois  pas  que  le  D.  Euphorbiœ  se  trouve  en  Algérie.  Je  ne 
sais  si  l’individu  figuré  par  M.  Lucas  dans  l'exploration  scientifique 
se  rapporte  à  Tithymali  ou  à  Mauretanica;  mais  je  suis  convaincu 
que  ce  n’est  pas  le  D.  Euphorbiœ. 


SP1IIXGIDES 


33 


Mon  frère  a  trouvé  à  El-Outaïa  une  chenille  de  Beilephila  qui 
lui  est  complètement  inconnue.  Elle  différait  de  toutes  celles  qu’il 
connaît.  Cette  chenille  vivait  sur  une  plante  rampante,  épineuse  et 
portant  des  fleurs  violettes.  La  plante  en  question,  ni  aucune  analogue, 
n’existait  à  El-Kantara,  où  mon  frère  se  rendit  ensuite,  et  il  ne  put 
amener  à  bien  la  chenille  qu’il  avait  trouvée.  Je  signale  à  l’attention 
des  entomologistes  la  découverte  possible  d’une  espèce  nouvelle  de 
Beilephila  dans  la  plaine  d’El-Outaïa,  près  de  la  montagne  de  sel. 

Zygæna  Zuleïma  ('),  Pierret  ( Ludicra ,  Lucas  et  Bdv.). 

Alger,  en  février  et  mars;  Lambèze  et  Djebel-Aurès,  en  mai. 
Cette  petite  Zygène  est  toujours  assez  rare.  Elle  doit  se  placer 
dans  le  voisinage  de  Scabiosœ,  Balmatina,  Nevadensis. 

Zygæna  Syracusia,  Z.  (Australis,  Led.). 

Très-commune  à  Lambèze.  Elle  ne  varie  point. 

Cette  Zygène  est  la  seule  à  ma  connaissance  qui  se  trouve  à  la  fois 
en  Algérie  et  en  Europe.  Toutes  les  autres  espèces  algériennes  sont 
spéciales  à  l’Afrique  et  ne  se  rencontrent  pas  sur  le  bord  opposé  de 
la  Méditerranée  ((*) **) . 

Zygæna  Seriziati,  Oberthür. 

Collo. 

Ressemble  beaucoup  à  certaines  variétés  de  Trifolii  dont  parle  le 
docteur  Rambur  ( Calai.  System.  Andal.,  p.  177,  pl.  1,  fig.  5  et  8). 
Mais  je  crois  que  c’est  une  espèce  à  part  ;  en  tout  cas,  c’est  une  race 
bien  tranchée  qu’il  est  utile  de  désigner  par  un  nom  et  que  je  dédie 
au  savant  docteur  qui  a  si  bien  étudié  les  Lépidoptères  des  environs 
de  Collo. 


(*)  Zygæna  Yalontini,  Betjaxd;  Constantine. 

(**)  La  Zygæna  Sarpcdon  indiquée  par  H.  Rambur  comme  se  trouvant  en 
Algérie,  n'y  a  jamais  été  rencontrée,  que  je  sache.  Je  ne  crois  pas  que  Z.  Sarpedvn 
soit  une  espèce  algérienne.  Elle  est  remplacée  en  Algérie  par  Z.  Cedri. 

La  Zygæna  Bætica  ne  se  trouve  pas  non  plus  à  Lambèze.  J’avais  déterminé  Bætiea 
des  Zygènes  que  m’avait  communiquées  M.  Allard,  en  1866.  J’ai  reconnu  que  j’avais 
fait  erreur.  J’avais  affaire  à  une  espèce  douteuse  que  j'ai  depuis  appelée  Félix  dans 
ma  collection,  et  que  M.  Guénée,  consulté  par  M.  Allard,  a  déterminée  Faustina. 

3 


34 


SPHINGIDES 


Je  la  compare  à  Z.  Trifolii  pour  la  décrire.  Elle  est  un  peu  plus 
grande  que  cette  dernière.  Elle  a  les  mêmes  taches  rouges  à  l'aile 
supérieure.  Ces  taches  varient  pour  le  développement,  mais  ne 
tendent  pas  à  confluer. 

L’aile  inférieure  est  plus  arrondie  que  celle  de  Trifolii.  Quelquefois 
elle  est  rouge,  largement  bordée  de  bleu  ;  le  plus  souvent  elle  est 
envahie  par  le  bleu,  mais  toujours  de  la  même  façon,  c’est-à-dire 
que  deux  taches  rouges  subsistent  toujours  de  même,  l'une  ronde, 
vers  l’angle  que  forme  l’extrémité  extérieure  de  l’aile  inférieure, 
l’autre  allongée  et  assez  indécise,  partant  de  la  naissance  de  l’aile 
inférieure. 

Le  caractère  spécial  de  Z.  Seriziati ,  c’est  cette  tendance  à  avoir 
l’aile  inférieure  envahie  parle  bleu.  J'ai  vu  beaucoup  d’exemplaires; 
cette  espèce  est  fort  commune  à  Collo. 

D’après  ce  qui  précède,  on  voit  que  la  Z.  Seriziati  a  les  plus 
grands  rapports  avec  la  Z.  Stœchadis  (  C  auras  ica,  Bdv.  J.  La 
Z.  Seriziati  ne  saurait  cependant  être  confondue  avec  la  Z.  Stœ¬ 
chadis,  dont  elle  diffère  surtout  :  1°  parce  que  toutes  les  parties 
verdâtres  dans  Stœchadis  sont  toujours  bleues  dans  Seriziati  et 
2°  que  tout  ce  qui  est  d’un  rose  un  peu  vineux  dans  Stœchadis  est 
d’un  rouge  vermillon  écarlate  dans  l’espèce  algérienne.  Ces  diffé¬ 
rences  sont  constantes,  et  il  en  résulte  pour  la  Z.  Stœchadis  un 
aspect  tout  autre  que  pour  la  Z.  Seriziati. 

Zygæna  Orana,  Dup. 

Commune  à  Oran,  en  avril,  sur  le  versant  oriental  du  Djebel- 
Santa-Cruz.  Cette  Zygène  ne  varie  presque  point,  même  pas  pour 
la  taille. 

Zygæna  Loyselis,  Oberthür. 

Dédiée  à  M.  le  général  Loysel,  sénateur,  reconnaissant  souvenir 
de  son  obligeance  pour  M.  Allard  et  mon  frère. 

Daya,  en  juin;  Lambèze,  en  mai. 

La  Z.  Loyselis  habite  les  mêmes  lieux  que  la  Z.  Cedri  ;  mais 
elle  est  toujours  plus  rare.  Elle  diffère  de  la  Z.  Cedri  par  ses 
épaulettes  et  son  collier  qui  sont  d’un  beau  rouge  vermillon,  au  lieu 


SPHINGIDES 


35 


d’être  d’un  blanc  jaunâtre  ;  puis  les  taches  rouges  des  ailes  supé¬ 
rieures  et  les  ailes  inférieures  tout  entières  sont  d’un  rouge  vermillon 
vif  dans  Loyselis,  tandis  qu’elles  sont  d’un  rose  carminé  assez  pâle 
dans  Cedri.  Enfin  la  Z.  Loyselis  est  toujours  de  couleurs  opaques, 
moins  diaphane  et  moins  transparente,  plus  robuste  et  plus  grande 
que  la  Z.  Cedri.  Ces  caractères  sont  constants.  J’ai  vu  plus  de  vingt 
Loyselis  et  plus  de  cinquante  Cedri,  et  je  n’ai  jamais  pu  remarquer 
d’exemplaire  qui  servît  de  transition  entre  les  deux  espèces  ou  qui 
donnât  lieu  à  un  doute  pour  savoir  à  laquelle  des  deux  le  rapporter. 

De  même  que  Sarpedon  et  Cedri.  la  Z.  Loyselis  possède  à  l’aile 
inférieure  un  petit  trait  dépourvu  d’écailles.  L'abdomen  est  presque 
toujours  annelé  de  rouge,  mais  moins  largement  que  dans  Cedri. 

Zygæna  Cedri,  Bruand  ( Zuleïma ,  Bdv.  in  Mus.). 

Boghari  (Raffray)  ;  Daya;  Saïda;  Tuelagh,  fin  mai  et  commence¬ 
ment  de  juin  ;  Lambèze  et  Djebel-Aurès,  en  mai. 

La  Zygæna  Cedri  se  repose  volontiers  sur  les  fleurs  de  Carduacées 
et  surles  Eryngium;  elle  n’est  pas  rare  dans  les  localités  qu’elle  habite. 

Rappelons  en  passant  qu’elle  doit  son  nom  au  capitaine  Cèdre, 
des  chasseurs  d’Afrique,  et  non  point  au  Cedrus  Atlantica,  avec 
lequel  elle  n’a  certes  pas  plus  de  rapports  que  la  Zygæna  Lonicerœ 
n’en  a  avec  le  chèvrefeuille. 

C’est  cette  espèce  que  M.  Allard  avait  déterminée  Zuleïma, 
d’après  la  collection  du  docteur  Boisduval,  où  se  trouvait  en  effet  une 
transposition  d’étiquette. 

Zygæna  Algira,  Dupoxchel. 

Alger,  février  et  mars.  Lambèze;  Daya,  en  juin. 

Quand  on  voit  voler  la  Z.  Algira,  on  est  frappé  de  l’intensité  de 
sa  couleur  rouge,  ce  qui  lui  donne  un  aspect  tout  particulier. 

Le  jour,  la  Z.  Algira  vole  rapidement  à  l’ardeur  du  soleil.  Le 
matin  et  le  soir,  on  la  trouve  posée  sur  les  tiges  de  graminées  ou 
les  fleurs  de  Teucrium. 

Elle  est  abondamment  répandue  dans  les  trois  provinces.  Elle 
paraît  en  février  et  mars  à  Alger,  dans  la  plaine  ;  mais  son  appari¬ 
tion  est  retardée  de  trois  à  quatre  mois  dans  les  parties  élevées. 


36 


SPHINGIDES 


On  trouve  des  variétés  où  le  rouge  envahit  le  bleu  au  point  qu’on 
n’en  voit  presque  plus  de  trace,  et  M.  Gaston  Allard  en  a  pris  ainsi 
un  exemplaire  presque  entièrement  rouge. 

Zygæna  Faustina  ?  Ochs  ( Félix  Obr,  in  Mus.). 

Boghari  (*)  ;  Lambèze. 

J’ai  reçu  de  M.  Raffray  des  exemplaires  d’une  Zygène  prise 
à  Boghari,  absolument  semblable  à  celle  que  M.  Allard  avait  précé¬ 
demment  récoltée  à  Lambèze  et  que  d’après  l’avis  de  M.  Guénée, 
il  avait  rapportée  à  Faustina  Ochs.  (Y.  Ann.  Soc.  ent.  de  France, 
1867,  page  317.)  —  En  1875,  mon  frère  et  lui  ont  rencontré  la  même 
Zygène  aux  environs  de  Lambèze.  Je  ne  la  rapporte  à  Faustina 
qu’avec  beaucoup  de  doute.  En  tout  cas,  elle  n’a  aucun  rapport  avec 
les  Faustina  de  la  collection  Bdv.,  qui  sont  de  grandes  Zygènes 
ayant  absolument  la  même  disposition  de  taches  rouges  qu 'Ono- 
brychis,  mais  différant  beaucoup  du  type  français  de  cette  dernière 
espèce  par  la  couleur  desdites  taches  qui  est  d’un  vermillon  un  peu 
jaunâtre,  très-vif  cependant,  et  par  la  tendance  remarquable  de  la 
partie  rouge  de  l’aile  supérieure  à  confluer. 


(*)  M.  Raffray  a  pris  à  Boghari  fin  Coléoptère  ( Mylabris  Bogharicnsu )  qui 
rappelle  beaucoup  cette  Zygène  ayant  les  ailes  pliées  dans  la  position  du  repos. 

11  est  assez  curieux  de  remarquer  que  la  Nature  non  seulement  s’est  souvent 
copiée  (**)  d’un  genre  à  l’autre  dans  le  même  ordre  d’insectes,  mais  aussi  d'un 
ordre  à  l’autre,  et  cela  dans  le  même  pays.  Ainsi,  im  autre  Lépidoptère,  le  I/ycom . 
Pholus  de  l'Amérique  du  Nord,  a  absolument  l’aspect  général  d'un  Coléoptère,  le 
Calopteron  reticulatmi  Fab.,  du  même  pays. 

(**)  Le  genre  Papilio  dans  les  Lépidoptères  contient  un  grand  nombre  d’espèces  qui  sont  absolu¬ 
ment  l’image  d’autres  espèces  placées  dans  des  genres  plus  ou  moins  éloignés.  Il  semblerait  que  le 
Créateur  eût  voulu  faire  dans  un  seul  groupe  de  Lépidoptères  une  sorte  de  répétition  sommaire  d’un 
certain  nombre  des  autres  groupes.  Ainsi,  le  Papilio  Euterpinus  rappelle  YEuterpe  Charops  9. — 
Les  Idœa  sont  copiées  par  le  Pap.  Idœoides  les  Euplœa,  par  toute  une  série  de  Papilio  Paradoxus, 
Caunus ,  Astina,  etc..;  —  les  Heliconides ,  comme  Iihea,  Apseudes,  par  le  Papilio  Pausanias ;  —  les 
Douais  à  taches  noires  sur  fond  blanc  ou  verdâtre,  par  Pap.  Dissimilis ,  Delcssertii,  etc.;  —  les 
Conoplœa ,  par  le  Papilio  Cœnea;  certaines  Acrœa ,  par  Pap.  Ridleyanus,  LatreiUunus ,  etc.,  etc...  Enfin, 
ce  sont  certains  Hétérocères  qui  sont  l'image  exacte  de  Rhopalocères;  puis  certaines  variétés  de 
quelques  espèces  qui  semblent  s’éloigner  beaucoup  plus  de  la  souche  d’où  elles  proviennent  que 
d’espèces  tout— a— fait  distinctes  et  avec  lesquelles  le  type  d’où  elles  procèdent  a  souvent  peu  d’ana¬ 
logie.  D’autres  fois  encore,  c'est  l’un  des  sexes  d’une  espèce  qui  aberre  à  ce  point  qu’il  rentre  dans 
un  groupe  tout- à-fait  différent  de  celui  où  l’autre  sexe  trouve  naturellement  sa  place.  Exemple  :  la 
ç  du  Papilio  Torquatus,  qui  est  voisine  des  Papilio  Ànchisiades ,  Idæus ,  Isidorus  (noirs,  à  taches 
lie-de-vin  à  l’aile  inférieure,  quelquefois  une  queue  droite  et  pointue  ,  tandis  que  le  cf  (noir,  à  bandes 
jaunes,  a  queues  spatulées)  se  lie  à  un  groupe  complètement  différent.  —  Aussi  les  anciens  auteurs 
avaient-ils  fait  deux  espèces  bien  distinctes  avec  les  deux  sexes,  et  la  ç  du  Pap .  Torquatus  était 
appelée  Claudine  par  Hübii.,  paires  par  Gray. 


SPHINGIDES 


37 


La  Zygœna  Fauslina  ?  d’Algérie  se  rapprocherait  plutôt  de  la 
Z.  Faustina  de  Rambur;  mais  elle  n’est  pas  semblable  non  plus 
à  cette  dernière,  ainsi  que  je  l’ai  remarqué  dans  la  collection  de 
M.  Mabille,  à  Paris. 

Suivant  moi,  la  Zygœna  d’Algérie,  en  question,  est  une  espèce 
séparée,  voisine  de  Fansta  et  de  Bœtica,  mais  d’un  rouge  toujours 
plus  carminé,  avec  le  double  collier  et  les  épaulettes  blancs.  Elle 
a,  du  reste,  un  aspect  particulier  qui  la  distingue  à'Algira,  de 
Fausta  et  de  Bœtica.  Je  l’ai  appelée  Félix  dans  ma  collection. 

Atychia  Appendiculata,  Hbn. 

Lambèze  ;  ne  paraît  pas  être  très-rare. 

Procris  (*)  Tenuicornis,  Z. 

Commune  aux  environs  de  Lambèze  ;  de  taille  un  peu  plus  petite 
que  le  type  de  Hongrie. 

Procris  Cirtana,  Lucas  (Sepicola  Bdv.,  in  Mus.). 

Bab-Taza;  Lambèze,  en  mai. 

Remplace  en  Algérie  la  Pruni  de  l’Europe  centrale. 

Cette  espèce  est  figurée  dans  Y  Exploration  scientifique  de 
l’Algérie ,  mais  pas  parfaitement.  Dans  les  individus  frais,  on 
constate  que  les  ailes  supérieures,  le  thorax  et  l’abdomen  sont  sau¬ 
poudrés  de  verdâtre;  le  coloriste  de  Y  Exploration  scientifique 
a  complètement  omis  de  tenir  compte  de  cette  particularité. 

Heterogynis  Penella,  Hbn. 

Bogbari  (Raffray). 

Nadia  Servula,  Berce. 

Lambèze;  Bône  (Gandolphe)  ;  Collo  (Seriziat). 


(*)  Procris  Cogna  ta  :  Constantine  (Lucas). 

Procris  Glofoularia»  $  Lambèze  (Allard). 


XII.' —  BOMB  Y  CITES 


Lithosia  Caniola  ?  Hbn. 

Lambèze.  J’ai  un  seul  individu  sous  les  yeux.  Il  diffère  des 
Caniola  françaises  en  ce  que  la  tète  et  le  bord  extérieur  des  ailes 
supérieures  n’est  pas  jaune.  Il  se  pourrait  que  ce  fût  une  espèce 
distincte  de  Caniola.  Mais  pour  se  prononcer,  il  faudrait  voir 
plusieurs  exemplaires. 

Lithosia  Marcida,  Mn. 

Collo. 

Emydia  Chrysocephala,  Hbn. 

Collo.  Cette  Emyclia  est  rare  ;  elle  vole  lourdement  et  se  pose  de 
préférence  sur  les  buissons  de  myrte  (Seriziat). 

Dejopeia  Pulchra,  Esper. 

Daya;  Tuelagh;  Oued-Djeddi;  Alger;  Lambèze;  Constantine,  etc. 
Très-abondamment  répandue  dans  toute  l’Algérie. 

Faisait  partie  d’une  «  pluie  »  de  papillons  qui  tomba  à  Alger 
en  juin  1869,  et  dont  un  de  mes  amis,  résidant  à  Alger,  m’envoya 
quelques  spécimens. 

Trichosoma  Bæticum,  Ramb. 

Lambèze;  Constantine. 

La  chenille  est  extrêmement  commune  dans  beaucoup  de  localités 
de  la  province  de  Constantine.  Nous  en  recueillîmes  un  certain 
nombre  de  familles  que  nous  apportâmes  en  France  et  dont  j'élevai 
une  partie  à  Rennes. 


BOMRYCITES 


39 


Les  mœurs  de  cette  espèce  sont  trop  connues  pour  que  je  répète 
ici  ce  qu’ont  déjà  dit  MM.  Rambur  et  de  Graslin.  A  Lambèze,  les 
chenilles  semblaient  presque  omnivores;  elles  s’attaquaient  aux 
plantes  des  genres  les  plus  variés.  En  captivité,  je  les  nourrissais 
avec  des  plantains  et  des  pissenlits. 

Quelques  chenilles  qui  s’étaient  échappées  de  mes  boîtes  et 
s’étaient  répandues  dans  mon  jardin  à  Rennes,  y  ont  fort  bien 
prospéré.  Car  j’ai  pris  par  un  beau  jour  de  novembre  un  mâle  qui 
volait  dehors,  au  soleil,  avec  rapidité. 

Les  chrysalides  donnent  leur  papillon  souvent  la  seconde  année 
et  l’éclosion  m’a  toujours  fourni  environ  huit  femelles  contre 
un  mâle.  Celui-ci  varie  beaucoup  pour  la  disposition  et  la  largeur 
des  dessins  blancs. 

Trichosoma  Pudens,  Lucas. 

Bône  (Gandolphe). 

Trichosoma  (*)  Mauritanicum,  Lucas. 

Bône  (Gandolphe). 

Trichosoma  (Notolraclius)  Pierretii,  Ramb. 

Bône  (Gandolphe). 

M.  Fallou  a  fait,  à  l’égard  de  cette  espèce,  une  communication 
fort  intéressante  à  la  Société  entomologique  de  France  (Séance  du 
11  novembre  1874).  M.  Fallou  croit  avoir  trouvé  dans  des  Lépi¬ 
doptères  recueillis  aux  environs  de  Bône  par  M.  Gandolphe  le  mâle 
de  l’espèce  dont  a  parlé  Carreïïo  en  1841,  dans  sa  «  Notice  sur  un 
insecte  dont  l’ordre  est  incertain.  » 

Chelonia  Villica,  Lin. 

Collo  (Seriziat).  Elle  paraît  être  très-rare  en  Algérie. 

Chelonia  Dido,  Wagner. 

Collo.  C’est  assurément  une  des  plus  belles  captures  de 


(*)  Trichosoma  Algiricum;  Alger  (Lucas). 

Trichosoma  Atlanticum  (Lucas). 


40 


BOMBYCITES 


M.  Seriziat.  Cette  magnifique  espèce  tient  à  la  fois  de  Caja  et  de 
Hebe.  Elle  paraît  en  juin  et  est  très-rare. 

Chelonia  Pudica,  Esper. 

Oran  (Warion). 

Chelonia  Fasciata,  Esper. 

Bône. 

Arctia  Fuliginosa,  L. 

Bône. 

Arctia  Menthastri,  Esper. 

Bône. 

Zeuzera  Æsculi,  L. 

Bône. 

Endagria  Algeriensis  ?  Rambur. 

Menah,  dans  le  Djebel-Aurès;  El-Kantara. 

Je  rapporte  avec  doute  à  l'espèce  décrite  sous  le  nom  à.' Alge¬ 
riensis,  par  Rambur  (Cat.  System.  And.,  p.  331),  une  paire  A  En¬ 
dagria  prise  par  mon  frère,  un  a  à  Menah  et  une  9  à  El-Kantara. 

Les  observations  de  Rambur  s’appliquent  assez  bien  aux  exem¬ 
plaires  que  je  possède.  Mais  comme  il  n’a  pas  publié  de  figure  de 
E E.  Algeriensis  et  que  sa  description  est  un  peu  vague,  il  me 
paraît  difficile  de  déterminer  en  toute  certitude. 

Le  c f  de  Y  Endagria  pris  à  Menah  est  un  peu  plus  petit  que  les 
individus  ordinaires  de  Panlherina;  il  a  l’abdomen  beaucoup  moins 
long  que  cette  dernière  espèce  dont  il  est  certainement  très-distinct. 
Ses  ailes,  un  peu  transparentes,  sont  d’un  brun  clair,  un  peu  rous- 
sâtre,  avec  trois  taches  blanchâtres,  une  dans  la  cellule,  les  deux 
autres  en  dehors  et  de  chaque  côté  de  cette  cellule.  La  9 ,  pourvue 
d’un  long  oviducte,  est  uniformément  brune  en  dessus. 

Hypopta  ?  Reibellii  Obertiiür. 

Dédiée  à  M.  le  sous-lieutenant  Reibell,  qui  était  attaché  au  bureau 


BOMBYCITES 


•11 


arabe  de  Bou-Sâada;  souvenir  amical  de  MM.  G.  Allard  et  R.  Ober- 
thür. 

Mon  frère  a  trouvé  à  Biskra,  posé  sur  une  tige  de  graminée,  dans 
les  sables,  un  seul  exemplaire  9  de  cette  nouvelle  espèce  que  je 
classe  dans  les  Hypopta,  près  de  Thrips  et  Cœslrum,  mais  qui 
pourra  bien  constituer  un  genre  nouveau  quand  on  en  connaîtra 
d’autres  exemplaires  des  deux  sexes. 

Le  Reïbellii  est  à  peu  près  grand  comme  la  Synia  musculosa, 
dont  il  rappelle  l’aspect  général.  Le  corps  est  d’un  blanc  argentin  ; 
l’abdomen  est  long  et  terminé  par  un  oviducte  peu  saillant.  Les  ailes 
supérieures  sont  jaune  paille  très-clair,  avec  trois  taches  blanc  d’ar¬ 
gent  ;  la  première  assez  large,  suivant  uniformément  la  côte  depuis 
la  base  jusqu’au  sommet  de  l’aile  ;  les  deux  autres  séparées  transver¬ 
salement  par  une  ligne  horizontale  de  la  couleur  du  fond  et  une 
sorte  de  pli  que  fait  l’aile  à  cet  endroit  :  l'une  triangulaire,  partant 
d’un  peu  plus  bas  que  le  sommet  de  l’aile  et  descendant  en  élargis¬ 
sant  sa  base  jusqu’aux  deux  tiers  à  peu  près  de  la  hauteur  totale  de 
l’aile;  l’autre  enfin,  partant  de  la  naissance  de  l’aile  et  se  prolon¬ 
geant  horizontalement  vers  le  bord  extérieur.  Cette  troisième  tache 
fait  pour  ainsi  dire  l’assise  de  la  deuxième  triangulaire.  La  frange 
est  blanche,  ainsi  que  l’aile  inférieure.  Le  dessous  est  d’un  blanc 
jaunâtre,  traversé  en  blanc  plus  pâle  par  la  transparence  de  la  tache 
triangulaire  du  dessus. 

Orgya  Dubia,  Tausch. 

Tuelagh,  en  juin;  Lambèze,  en  mai. 

Orgya  Pan-Lacroixii,  Obertiiür. 

Prise  par  M.  Allard,  à  Tuelagh,  en  juin. 

Dédiée  à  M.  le  commandant  Pan-Lacroix,  chef  de  bataillon  au 
2e  tirailleurs  et  commandant  supérieur  du  cercle  de  Bou-Sâada, 
en  souvenir  du  gracieux  accueil  qu’il  a  fait  à  MM.  Allard  et 
R.  Oberthür. 

Cette  Orgya,  qui  vole  en  plein  jour  sur  les  pentes  de  collines 
couvertes  de  chênes,  rappelle  par  sa  teinte  brune  ses  congénères 
Ericce,  Intermedia,  Trigotephras,  Antiqua. 


42 


BOMBYCITES 


Elle  doit  se  placer  après  YOrgya  Intermedia,  à  qui  je  vais  la 
comparer. 

L 'Orgya  Pan-Lacroixii  est  plus  grande,  d'une  teinte  uniformé¬ 
ment  brune  à  peu  près  semblable  à  celle  de  l’aile  inférieure  d 'Inter¬ 
media.  L’aile  supérieure  est  traversée  de  haut  en  bas  par  deux 
lignes  tranchant  par  un  brun  plus  foncé  sur  le  fond  de  l’aile.  Ces 
deux  lignes  viennent  se  réunir  en  bas  de  l’aile,  tandis  que  dans 
les  autres  espèces  voisines,  ces  deux  lignes  (qui  existent  aussi  plus 
ou  moins  accentuées)  sont  au  contraire  séparées  par  un  assez  vaste 
intervalle  au  bord  interne  de  l’aile  et  suivent  même  dans  leur 
parcours  une  direction  opposée. 

La  frange  de  YOrgya  Pan-Lacroixii  est  brun  foncé,  plus  sombre 
à  l’aile  supérieure  que  la  couleur  du  fond  de  l’aile. 

La  côte  n'a  aucune  de  ces  taches  ou  pupillations  blanchâtres 
qu’on  remarque  dans  Ericœ ,  Trigotephras ,  Intermedia. 

Enfin  le  point  ocellé,  si  bien  marqué  en  blanc  dans  Antigua, 
Trigotephras  et  Intermedia ,  est  à  peine  indiqué  dans  Pan- 
Lacroixii. 

On  pourrait  décrire  brièvement  YOrgya  Pan-Lacroixii  en  disant 
qu’elle  est  uniformément  brune,  sauf  les  deux  bandes  plus  foncées 
qui  coupent  en  deux  l’aile  supérieure. 

Orgya  Antiqua,  L. 

Lambèze;  Philippeville  ;  Collo. 

Psilura  Atlantiea,  Rambur. 

Oran,  fin  avril. 

M.  Allard  a  élevé,  d’une  chenille  velue  et  qu’il  nourrissait  de 
plantes  basses,  cette  rare  espèce  à  ailes  brunes  et  abdomen  rosé, 
dont  la  place  est  dans  le  voisinage  de  Dispar  et  de  Monacha. 

Liparis  Chrysorrhæa,  Lin. 

Collo. 

Ocneria  Rubea,  Fab. 

Philippeville,  en  juin. 


BOMBYCITES 


43 


Bombyx  Codes,  Hbn. 

Oran. 

Élevé  de  chenille  par  M.  Gaston  Allard. 

Megasoma  Repandum,  Bdv. 

Bône  (Gandolphe) . 

Éclos  en  juillet  d’une  chenille  prise  sur  les  bords  du  lac  Fetzara 
et  vivant  sur  le  Tamaris. 

Saturnia  Atlantica,  Lucas  (Vieillei  Bruand). 

Philippeville;  Milah  (Seriziat). 

C’est  encore  une  des  plus  grandes  raretés.  M.  Seriziat  en  a  reçu 
un  mâle  de  Milah  et  croit  en  avoir  vu  un  exemplaire  voltigeant 
à  la  lanterne  d’une  voiture,  aux  environs  de  Collo,  un  soir  du  mois 
de  mai  1873.  Rambur  pensait  que  cette  espèce  devait  vivre  sur  les 
Pinus. 

Cilix  spinula,  Hbn. 

Collo. 

Harpyia  Vinula,  Lin. 

Bab-Taza;  Alger. 

La  chenille  se  trouve  sur  les  Peupliers. 

Notodonta  Palpina,  L. 

Bône. 

Anodonta  Hybris,  Hbn. 

Bône  (Gandolphe). 


IV.™  NOCTUELLES 


Bryophila  Glandifera,  W.  Y. 

Collo  (Sei’iziat)  ;  prise  autour  des  lumières,  le  soir,  au  mois 
d’août  1874. 

Acronycta  Rumicis,  L. 

La  chenille  est  commune  autour  de  Collo.  On  la  rencontre  surtout 
sur  les  Géranium  qu’on  cultive  dans  les  jardins.  Le  papillon  éclot 
en  mai. 

Leucania  Loreyi,  Dup. 

Bou-Sâada,  où  on  la  trouve  cachée  sous  les  pierres.  Collo,  en 
juin,  le  soir  à  la  lanterne  (Seriziat). 

Leucania  Putrescens,  Hbn. 

Bône. 

Leucania  Comma,  Lin. 

Bône. 

Leucania  Vitellina,  Hbn. 

Bône. 

Leucania  L.  Album,  Lin. 

Bône. 

Ces  4  Leucanies  ont  été  récoltées  par  M.  Gandolphe  et  déter¬ 
minées  par  M.  Fallou,  qui  a  bien  voulu  me  remettre  les  notes  qu’il 
avait  prises  en  étudiant  la  collection  de  Lépidoptères  faite  en  Algérie 
par  M.  Gandolphe. 


NOCTUELLES 


45 


Sesamia  Nonagrioides,  Lefeb. 

Collo  (Seriziat)  ;  prise  Je  soir  à  la  lumière. 

Glottula  Pancratii,  Cyr. 

Bône;  3  exemplaires  pris  en  mai  1863  par  M.  Gandolplie.  «  Ces 
Glottula  appartiennent  il  une  variété  à  fond  clair  se  rapprochant  de 
Encausta  »  (Fallou). 

0 

Mamestra  Chenopodiphaga,  Ramb. 

Bou-Sâada;  une  femelle  très-fraîche,  trouvée  sous  une  pierre 
en  avril  1875. 

Caradrina  (")  Cubicularis,  W.  V. 

Tlemcen;  Collo. 

Caradrina  Alsines,  Bork. 

Bône  (Gandolphe). 

Agrotis  Suffusa,  W.  V. 

Répandue  dans  les  trois  provinces;  mais  semble  assez  rare. (*) (**) 


(*)  Episenm  Orana  :  Oran  (Lucas). 

Episcnm  ïlispitla;  Alger  (Lucas). 

(**)  M.  Fallou  a  entretenu  la  Société  entomologique  de  France  (Séance  du 
22  mars  1S71)  de  divers  Lépidoptères  nouveaux  recueillis  en  Algérie  par  M.  Warion. 
Il  a  bien  voulu  me  communiquer  les  peintures  de  quelques-uns  de  ces  Lépidoptères, 
dues  au  pinceau  de  l’habile  artiste  M.  Poujade.  M.  Fallou  pense  qu’une  Noctuelle 
du  genre  Apamea  est  nouvelle,  ainsi  qu’une  Caradrina  et  un  Agrotis.  Je  n’ai  pas  vu 
ces  papillons  en  nature  et  je  les  décris  sommairement,  d'après  les  figures  que  j'ai 
sous  les  yeux. 

Apamea  Fnllovi,  Oberthüe;  de  la  taille  de  Leucostigma  ;  brune  avec  les 
taches  rénifonne  et  orbiculaire  finement  bordées  de  blanc  ;  une  grande  éclaircie  en 
brun  plus  clair  s’étend  au-dessous  de  la  nervure  médiane  et  remonte  par  un  filet 
assez  mince  jusqu’à  la  côte,  en  passant  au-delà  de  la  tache  rénifonne,  entre  deux  lignes 
fines  blanches,  l’une  très-ondulée  près  du  bord  terminal,  l'autre  arrêtée  à  la  nervure 
médiane.  Les  ailes  inférieures  brunes  avec  la  base  plus  claire. 

Caradrina  Flava,  FALLOU  ;  plus  grande  que  Cubicularis  et  d’un  jaune  rougeâtre  ; 
les  mêmes  dessins  que  Cubicularis,  dont  elle  n’a  cependant  pas  l’aspect  général. 

Agrotis  ignipeta,  Oberthcr  ;  ressemble  à  Fugax,  mais  avec  les  dessins  bien 
plus  effacés  et  moins  apparents  ;  d’un  gris  de  poussière  avec  certaines  éclaircies  un 
peu  jaunâtres. 


46 


NOCTUELLES 


Agrotis  Segetum,  W.  V. 

Collo,  en  août  et  septembre;  Bou-Sâada,  en  avril. 

Agrotis  Puta,  Hbn. 

Oran  ;  Bou-Sâada.  Varie  un  peu. 

Agrotis  Aquilina,  Hbn. 

Biskra.  L’individu  que  j’ai  sous  les  yeux  appartient  à  la  variété 
appelée  Vitta,  par  Esper. 

Triphæna  Fimbria,  Lin. 

Collo,  en  juin. 

Triphæna  Orbona,  Fab. 

Collo,  en  automne. 

Triphæna  Pronuba,  Lin. 

Bône  (Gandolphe) . 

Triphæna  Janthina,  W.  V. 

Bône. 

Noctua  C.  Nigrum,  Lin. 

Alger,  en  avril. 

Anchocelis  Hæmatidea,  Dup. 

Prise  sur  la  route  de  Pliilippeville  à  Stora,  en  novembre  1872,  par 
M.  Seriziat. 

Phorocera  Canteneri,  Dup. 

Collo,  en  juin.  Un  seul  individu  pris  le  soir  volant  sur  des  fleurs 
de  Pétunia  (Seriziat). 

Euplexia  Lucipara,  Lin. 

Collo,  en  juin  et  juillet. 

Hadena  Solieri,  Bdv. 

Collo,  en  août  et  septembre. 


NOCTUELLES 


47 


Hadena  Occlusa,  Esper. 

Lambèze.  Mon  frère  avait  élevé  des  chenilles  de  cette  espèce,  qu'il 
avait  trouvées  sur  le  chêne  vert.  Les  Papillons  sont  éclos  à  Rennes, 
pendant  l’automne  1875. 

Hadena  Oleracea,  Lin. 

Collo  ;  assez  commune. 

Omia  Oberthürii,  Allard. 

M.  Allard  et  mon  frère  ont  trouvé  quelques  exemplaires  de  cette 
espèce,  en  mai  1875,  aux  environs  de  Lambèze.  Elle  est  toujours 
rare  et  échappe  facilement  aux  yeux  par  son  vol  rapide. 

Omia  Cyclopæa,  De  Graslin. 

Oran,  fin  mars,  où  elle  est  assez  abondante.  Elle  vole  sur  les 
pentes  couvertes  de  Teucrium  et  de  plantes  aromatiques  du  Djebel- 
Santa-Cruz.  M.  Gaston  Allard  en  a  trouvé,  dans  cette  localité,  une 
paire  accouplée.  —  Lambèze  et  Djebel-Aurès,  en  avril  et  mai.  Elle 
est  plus  rare  dans  la  province  de  Constantine,  et,  comme  sa  congé¬ 
nère  Oberthürii ,  est  très-difficile  à  saisir.  Les  Omia  volent  à  la 
façon  de  YAnarta  Myrtilli. 

Cleophana  Dejeanii,  Dup. 

Bou-Sàada,  en  mai.  Elle  vole  en  plein  soleil. 

Cleophana  Chabordis,  Oberthur. 

Bou-Sâada. 

Dédiée  à  M.  le  capitaine  d’état-major  Chabord,  aide-de-camp  du 
Ministre  de  la  guerre,  en  reconnaissance  du  bienveillant  appui  que 
lui  doivent  M.  G.  Allard  et  mon  frère. 

Cette  espèce  est  une  des  plus  jolies  du  genre  Cleophana.  Elle  est 
un  peu  plus  grande  que  Dejeanii;  ses  ailes  supérieures  sont  grises, 
coupées  verticalement  par  deux  lignes  noires  très-sinuées.  La  pre¬ 
mière  de  ces  lignes,  qui  est  près  de  la  base  des  ailes,  est  suivie  inté¬ 
rieurement  d’un  liséré  blanc  et  extérieurement  d’une  bande  d’un 
brun  un  peu  rougeâtre.  La  deuxième  ligne  est  extérieurement  ac¬ 
compagnée  d’un  liséré  blanc  qui  s’élargit  en  rencontrant  le  bord 


48 


NOCTUELLES 


externe  de  l’aile  supérieure;  puis,  au-delà,  d’une  bande  plus  large, 
d’un  brun  rougeâtre.  Une  ligne  ondulée  blanchâtre  formant  un  angle 
à  la  rencontre  de  chaque  nervure,  longe  le  bord  terminal  que  vont 
atteindre  ses  pointes  angulaires.  Enfin,  entre  l’espace  gris,  assez 
large,  compris  entre  les  deux  lignes  noires  transverses,  on  remarque 
deux  taches  blanches  :  l’une  en  forme  de  Y  à  l’extrémité  de  la  cellule, 
l’autre  sagittée  et  horizontale  au-dessus  de  la  nervure  sous-médiane. 

Les  ailes  inférieures,  blanches  à  la  base,  sont  grises  le  long  du 
bord  terminal. 

Le  thorax  très-velu  est  gris,  ainsi  que  l’abdomen.  Les  antennes 
du  cf  (seul  sexe  que  je  connaisse)  sontpectinées.  En  dessous,  les  ailes 
supérieures  sont  grises;  les  ailes  inférieures  blanches,  traversées  pa¬ 
rallèlement  à  la  frange  par  une  ligne  légèrement  ponctuée  en  gris. 

Cleophana  Warionis,  Oberthür. 

Se  place  à  côté  de  la  Cleophcma  Olivina  H.  S. ,  dont  elle  a  la  taille 
et  la  forme.  Les  ailes  supérieures  sont  en  dessus  d’un  vert  de  mer 
doré.  Une  première  ligne  blanchâtre  très-sinuée,  placée  assez  près 
de  la  naissance  des  ailes,  les  traverse  verticalement  de  la  côte  au 
bord  interne  ;  une  deuxième  ligne  blanchâtre  les  traverse  de  même 
en  passant  par  l’extrémité  de  la  cellule  discoïdale  qui  est  accentuée 
par  un  croissant  très-blanc.  Cette  deuxième  ligne  blanchâtre  est 
suivie  presque  parallèlement  d’une  troisième  assez  peu  indiquée, 
plus  claire  que  la  couleur  verte  du  fond.  Enfin,  les  nervures 
s’éclaircissent  en  blanc  avant  d’aboutir  à  la  frange  qui  est  brune 
alternée  de  blanc.  Les  ailes  inférieures  sont  unifonnément  brunes. 

Le  thorax  est  blanchâtre,  couvert  de  touffes  de  poils  ornées  d’un 
reflet  verdâtre  et  terminées  en  brun.  Ces  touffes  sont  bien  séparées 
les  unes  des  autres  et  sont  au  nombre  de  huit.  Les  palpes  sont 
entourés  chacun  d’une  touffe  semblable.  Les  antennes  du  cf  sont 
pectinées  comme  dans  Cl.  Bœtica. 

En  dessous,  les  ailes  supérieures  sont  gris  argenté  avec  les 
nervures  marquées  en  blanchâtre.  Les  ailes  inférieures  sont  gris 
blanchâtre  argenté  avec  la  base  largement  vert  doré.  Elles  sont 
traversées  au  milieu  et  parallèlement  à  la  frange  par  une  ligne  vert 
doré. 


NOCTUELLES 


49 


Cette  délicieuse  Cleophana  est  une  des  plus  belles  Noctuelles  que 
je  connaisse.  J’en  possède  un  <?,  pris  par  mon  frère,  le  soir,  à  la 
lumière,  dans  le  pays  au  sud  de  Bou-Sâada,  vers  l’Oued-Djeddi. 

M.  Fallou  possède  une  ç,  prise  aussi  le  soir,  à  la  lumière  d’une 
bougie,  par  M.  le  docteur  Al.  Warion,  dans  la  province  d’Oran, 
à  El-May,  caravansérail  situé  sur  les  hauts  plateaux  à  1 , 100  mètres 
d’altitude,  par  12  kilomètres  nord  du  Chott-Chergui,  entre  Saïda 
et  Géryville. 

Ces  plateaux  sont  calcaires  et  incultes.  Ils  présentent  principale¬ 
ment,  comme  végétation,  l'Alfa  ( Slipa  tenacissima)  et  l’armoise 
(Artemisia  herba-alba  et  campeslris). 

M.  le  docteur  Warion  et  son  frère,  sous-lieutenant  aux  zouaves, 
récoltaient  des  Lépidoptères  pour  la  collection  de  leur  frère  Gustave 
Warion,  de  Metz,  entomologiste  passionné,  mort  en  1870  victime 
de  son  dévouement  à  la  patrie. 

Après  que  sa  ville  natale  fut  tombée  au  pouvoir  des  Allemands, 
ce  brave  jeune  homme  quitta  volontairement  sa  famille  et  s’engagea 
dans  un  corps  de  francs-tireurs,  à  l’armée  du  général  Faidherbe. 

A  la  bataille  de  Saint-Quentin,  il  tomba,  frappé  d’une  balle  au 
front. 

M.  Fallou  et  moi,  nous  avons  d’un  commun  accord  dédié  cette 
espèce  nouvelle  de  Lépidoptère  à  la  mémoire  de  Gustave  Warion. 

Cleophana  Pectinicornis,  Stgr. 

Macta;  3  avril. 

G.  Allard  a  trouvé  un  seul  individu  de  cette  Noctuelle  dans  une 
localité  couverte  de  chênes  verts,  lentisques  et  autres  arbustes  de  la 
flore  méditerranéenne. 

Calophasia  Opalina,  Esp. 

Assez  commune  aux  environs  de  Collo. 

Chariclea  Darollesi,  Oberthür. 

Trouvée  par  M.  Allard  à  El-Haçaïba,  en  juin.  Dédiée  à  M.  le 
capitaine  de  zouaves  Darolles,  autrefois  en  garnison  à  Bou-Sâada, 
maintenant  adjoint  à  l’intendance  militaire  à  Paris,  souvenir  amical 
de  ses  compagnons  de  voyage  à  l’Oued-Djeddi. 


50 


NOCTUELLES 


Cette  Chariclea  se  place  à  côté  de  Delphinii,  dont  elle  a  l’aspect 
général  et  la  taille. 

Je  la  comparerai  à  Delphinii. 

Le  fond  des  ailes  supérieures  de  Darollesi  est  jaune  paille  clair. 
Le  dessin  est  à  peu  près  le  même  que  celui  de  Delphinii;  mais  les 
lignes  transversales  les  plus  voisines  du  bord  externe  sont  bien  plus 
droites  et  moins  sinueuses  dans  Darollesi  que  dans  Delphinii.  Ces 
lignes  sont  dans  Darollesi  d'un  brun  pâle,  légèrement  violacé.  La 
tache  de  l’extrémité  de  la  cellule  discoïdale  est  longue  et  très-étroite, 
comparée  à  celle  qu’on  remarque  aussi  dans  Delphinii.  A  la  base  de 
l’aile  se  trouve  le  même  ensemble  de  taches  que  dans  Delphinii  ; 
mais  ces  taches  qui,  par  leur  réunion  intime,  n’en  forment  pour 
ainsi  dire  qu’une  seule,  ont  dans  Darollesi  une  forme  conique,  dont 
le  sommet  est  très-avancé  vers  la  partie  externe  de  l'aile,  tandis 
que  dans  Delphinii  la  forme  de  cette  tache  est  beaucoup  plus 
arrondie. 

Chez  Darollesi,  cette  tache  est  blanche  à  la  base,  brun  violacé 
à  son  bord  extérieur.  L’espace  qui  la  sépare  des  lignes  parallèles 
à  la  frange  est  d'un  jaune  paille  très-pâle  et  uni. 

L’aile  inférieure  est  entièrement  blanche,  à  part  une  bande  assez 
large  du  violet  le  plus  pur  qui  court  parallèlement  à  la  frange,  dont 
elle  n’est  séparée  que  par  un  mince  filet  blanc. 

Le  dessous  est  beaucoup  plus  pâle  dans  Darollesi  que  dans 
Delphinii.  La  bande  violette  de  l’aile  inférieure  est  indiquée  en 
dessous  par  une  teinte  violet  tendre. 

Heliothis  Incarnata,  Frr. 

Oued-Hounet  (prov.  d’Oran),  en  mai;  Bou-Sâada. 

Heliothis  Peltigera,  \V.  V. 

Collo;  Lambèze;  Bône. 

Heliothis  Armigera,  Hbn. 


Collo;  Lambèze. 


NOCTUELLES 


51 


Heliothis  Dipsacea,  Lin. 

Très-commun  aux  environs  de  Lambèze. 

Anthœcia  Chanzyi,  Oberthür. 

Dédiée  à  M.  le  général  Chanzy,  gouverneur-général  de  l’Algérie, 
comme  témoignage  de  respectueuse  reconnaissance  de  MM.  Gaston 
Allard  et  René  Oberthür,  qui  ont  découvert  cette  espèce  dans  le  pays 
au  sud  de  Bou-Sâada,  vers  TOued-Djeddi. 

Décrite  sur  six  exemplaires. 

De  la  taille  de  Y  Anthœcia  Cognata.  Les  ailes  supérieures  en 
dessus  ont  la  base  largement  teintée,  tantôt  d’un  gris  verdâtre, 
tantôt  d’un  rouge  vineux.  La  partie  de  cette  tache  basilaire  la  plus 
rapprochée  de  l’aile  est  plus  claire,  et  le  bord  extérieur  est  terminé 
par  une  raie  transverse  foncée.  Parallèlement  au  bord  terminal,  une 
bande  transversale  de  la  couleur  de  la  base  de  l'aile,  c’est-à-dire 
grise  ou  rougeâtre,  coupe  l’aile  de  haut  en  bas  et  se  trouve  comprise 
entre  deux  autres  bandes  :  l’une,  qui  la  sépare  de  la  tache  basilaire, 
d’un  jaune  paille  assez  pur;  l’autre,  qui  la  sépare  du  bord  terminal, 
jaune  aussi,  mais  plus  ou  moins  sablée  d’atomes  gris  ou  rouges. 
Le  bord  terminal  est  limité  par  un  trait  fin  gris  ou  rougeâtre.  La 
côte  est  rose  ou  grise  et  la  frange  grise  ou  rose  clair. 

Les  ailes  inférieures,  d'un  noir  ardoisé,  un  peu  argenté  et  bril¬ 
lant,  ont  au  milieu  un  point  blanchâtre  qui  est  le  centre  d’une  ligne 
transverse,  parallèle  à  la  frange  et  un  peu  plus  pâle  que  la  couleur 
du  fond. 

Le  dessous  est  brun  noir  aux  ailes  supérieures,  avec  la  côte, 
l’apex  et  une  bande  transverse  jaunâtres.  Les  ailes  inférieures  sont 
d’un  gris  argenté,  et  on  voit  en  plus  clair  la  bande  qu’on  remarque 
en  dessus. 

Le  thorax  est  velu  et  gris  vineux.  L’abdomen  est  noir,  avec  la 
pointe  grise.  La  9  est  pourvue  d’un  oviducte,  comme  Y  Anthœcia 
Cognata. 

L’ Anthœcia  Chanzyi  se  place  à  côté  d’une  espèce  californienne 
que  je  crois  encore  inédite.  Elle  a  moins  de  rapports  avec  les  An¬ 
thœcia  européennes. 


52 


NOCTUELLES 


Metoponia  Vespertina,  Rambur. 

El-Haçaïba  (prov.  d’Oran);  premiers  jours  de  juin. 

Xanthodes  Malvæ,  Esp. 

Un  seul  individu  pris  à  Collo,  au  mois  d’août,  par  M.  Seriziat. 

Acontia  Solaris,  W.  V. 

Acontia  Albicollis,  Fab. 

Acontia  Luctuosa,  W.  V. 

Ces  trois  Acontia  sont  répandues  dans  les  trois  provinces  et  volent 
Surtout  dans  les  endroits  arides,  sur  le  bord  des  routes,  le  long  des 
talus,  etc. 

Erastria  Scitula,  Ramb. 

Toujours  très-rare.  M.  Seriziat  en  a  pris  deux  exemplaires  à  Collo, 
en  juillet  1873. 

Leptosia  Polygramma,  Bdv. 

Cette  jolie  espèce  a  été  rencontrée  à  Lambèze,  par  M.  Allard  et 
mon  frère. 

Micra  Parva,  Hbn. 

Commune  en  été,  plus  rare  au  printemps.  Yole  aux  environs  de 
Collo,  où  M.  Seriziat  Ta  trouvée,  avec  l’espèce  suivante. 

Micra  Ostrina,  Hbn. 

Varie  beaucoup.  Cette  espèce  a  été  prise  à  Nemours  et  à  Lambèze, 
par  M.  Allard;  à  Collo,  par  M.  Seriziat.  Je  crois  que  la  Numida 
Lucas  est  la  variété  d 'Ostrina  que  Ton  rencontre  en  Provence  et  en 
Espagne  plus  souvent  même  que  le  type. 

Micra  Purpurina,  W.  V. 

Lambèze,  où  le  type  est  grand  et  superbe. 

Anthophila  Candicans,  PiAmb. 

Je  n’ai  jamais  vu  d’autre  individu  de  cette  belle  espèce  que  celui 
pris  à  Lambèze  en  1864,  par  M.  Allard. 


NOCTUELLES 


53 


Metoptria  Monogramma,  IIbn. 

El-Haçaïba,  en  juin. 

Abrostola  Triplasia,  Lin. 

Collo. 

Plusia  Gamma,  Lin. 

Bogliari  (Raffray);  Collo  (Seriziat). 

Commune  en  Algérie,  comme  en  Europe. 

Plusia  Chalcites,  Esp. 

Bône;  Collo. 

Plusia  Chrysitis,  Lin. 

Bône. 

Plusia  Festucæ,  Lin. 

Bône. 

Spintherops  Speetrum,  Esp. 

Bône  (Gandolphe)  ;  Macia  (Allard). 

Spintherops  Dilucida,  Hbn. 

Lambèze;  Bou-Sàada;  ne  paraît  pas  très-rare. 

(*) 

Bolina  Cailino,  Lef. 

Bou-Sàada. 

Catocala  (**)  Elocata,  Esper. 

Collo,  en  août;  Bône. 

Catocala  Conjuncta,  Esper. 

Prise  à  Bogliari,  par  M.  Raffray. 


(*)  Anophia  Ramburi;  Alger  (Lucas). 

(**)  Catocala  Dileeta;  Cercle  de  Lacalle  (Lucas). 


54 


NOCTUELLES 


Catocala  Promissa,  Rœs. 

Collo,  en  juin. 

Catocala  Nymphæa,  Esper. 

Boghari  (Raffray);  Bône  (Gandolplie). 

Catocala  Conversa,  Esper. 

La  Chenille  de  cette  Lichénée  est  extrêmement  commune  dans  les 
bois  montagneux  des  environs  de  Lambèze.  Le  Papillon  vole  en 
quantité,  en  été,  dans  les  forêts  de  chênes  verts  de  la  région  des  hauts 
plateaux.  La  Cat.  Conversa  semble  plus  rare  sur  le  littoral  que 
dans  les  parties  élevées  de  l’intérieur. 

Ophiodes  Tirrliæa,  Cr. 

Province  d'Oran  (Warion). 

Pseudophia  Illunaris,  Hbn. 

Biskra,  en  mai. 

O 

Ophiusa  ((*) **)  Algira,  Lin. 

Collo,  en  mai. 

Ophiusa  Boisdeffrii,  Oberthur. 

Dédiée  à  M.  le  colonel  d’état-major  de  Boisdeffre,  respectueux  et 
reconnaissant  souvenir  de  MM.  Allard  et  Oberthür. 

Cette  belle  espèce  vole  en  plein  jour  aux  environs  de  Biskra,  où 
elle  ne  paraît  pas  très-rare.  J’en  ai  vu  six  individus  parfaitement 
frais.  Elle  est  voisine  de  Stolida,  mais  un  peu  plus  petite.  Elle  en 
diffère,  parce  que  la  tache  basilaire  grise  de  l’aile  supérieure  est  plus 
irrégulière  et  plus  pâle  dans  Boisdeffrii ,  ainsi  que  la  tache  noire 
triangulaire  accolée  à  la  tache  grise  basilaire.  La  bande  jaune  trans- 
verse,  très-régulière  dans  Stolida,  est  plus  large,  sablée  d’atomes 


(*)  Opliiodes  lunaris;  Alger  (Lucas). 

(**)  Ophiusa  Géométrie»;  Alger  (Lucas). 

Ophiusa  Stolida;  Bône  (Lucas). 


NOCTUELLES 


55 


gris  et  un  peu  sinuée  des  deux  côtés  dans  Boisdeffrii.  La  large 
tache  transversale  noire  de  Stolida  est  bien  plus  déprimée  près  de  la 
côte  dans  Boisdeffrii.  Le  liséré  qui  borde  extérieurement  cette 
tache  et  qui  y  pénètre  au  milieu,  est  d’un  jaune  vif  bordé  de  brun 
dans  Slolida.  Ce  liséré  est  bien  moins  large,  d'un  gris  blanchâtre 
suivi  d’une  bordure  brune  plus  pâle  dans  Boisdeffrii.  Enfin,  la 
partie  qui  longe  le  bord  terminal  est  plus  grise  dans  cette  dernière 
espèce  que  dans  Stolida.  La  frange  est  aussi  plus  blanchie  et  la  côte 
largement  teintée  de  gris  dans  Boisdeffrii.  On  remarque  dans  Sto¬ 
lida  que  les  dessins  et  les  couleurs  sont  nettement  définis,  Tifs  et 
francs  ;  au  contraire,  dans  Boisdeffrii ,  les  dessins  et  les  couleurs 
sont  beaucoup  moins  décidés,  moins  raides,  plus  sinueux  et  plus  at¬ 
ténués  par  une  teinte  générale  grise. 

L’aile  inférieure  ne  diffère,  dans  les  deux  espèces,  qu’en  ce  qu’elle 
est  plus  pâle  et  moins  énergiquement  écrite  dans  Boisdeffrii.  De 
même  le  thorax,  l’abdomen  et  la  tête  sont  d’une  nuance  gris  jaunâtre 
très-pâle  dans  Boisdeffrii. 

En  dessous,  Boisdeffrii  est  aussi  plus  pâle;  les  dessins  noirs  sont 
les  mêmes  que  dans  Stolida,  mais  moins  épais  et  moins  apparents. 

Ces  caractères  différentiels  sont  constants  et  Boisdeffrii  varie 
aussi  peu  que  Stolida. 

Cerocala  Scapulosa,  Hbn.,  var.,  Algiriæ,  Oberthür. 

N’est  pas  très-rare  à  Bou-Sàada,  où  MM.  Allard  et  Oberthür  en 
ont  pris  quelques  très-beaux  exemplaires.  Le  type  algérien  est  inter¬ 
médiaire  entre  le  type  espagnol  et  la  variété  Insana  H.  S.  de  Syrie. 
Les  exemplaires  de  Bou-Sâada  forment  un  passage  excellent  entre 
les  deux  formes  andalouse  et  asiatique  qui  sont  assez  différentes  l’une 
de  l’autre.  Dans  les  individus  d’Algérie,  les  ailes  inférieures  sont 
blanches,  moins  chargées  de  noir  que  dans  la  variété  Insana;  les 
ailes  supérieures,  semblables  pour  l’étendue  des  dessins  blanchâtres 
au  type  d’Espagne,  en  sont  très-différentes  pour  la  couleur,  et,  sous 
ce  rapport,  ressemblent  plutôt  au  type  d’Asie. 

Euelidia  Petitjeanii,  Oberthür. 

Décrite  sur  un  exemplaire  pris  à  Lambèze  à  la  fin  de  mai  1875. 


56 


NOCTUELLES 


UE.  Petitjeanii  est  de  petite  taille;  l’aile  supérieure  est  brune 
avec  une  éclaircie  longeant  la  frange  qui  est  elle-même  brune  et  sé¬ 
parée  du  bord  de  l'aile  par  une  très-mince  petite  ligne  noire.  Le 
milieu  de  l'aile  est  occupé  par  une  large  tache  fauve  pâle  très-sinuée 
intérieurement  et  extérieurement.  Cette  tache,  qui  borde  la  côte, 
s’arrête  à  la  nervure  sous-médiane,  et  elle  est  entourée  d’un  liséré 
noir  très-mince  ;  au  centre,  un  petit  trait  noir  vif  ferme  la  cellule 
discoïdale,  et  tout  autour  de  ce  petit  trait  s’étend  une  macule  brune 
de  la  couleur  du  fond,  dont  la  forme  suit  extérieurement  celle  de  la 
tache  fauve  pâle,  au  milieu  de  laquelle  elle  est  située.  Ses  pointes 
s’avancent  en  rayon  aigu  suivant  les  pointes  limitées  par  la  ligne 
noire  de  contour. 

Les  ailes  inférieures  sont  jaune  fauve,  avec  la  base  et  le  bord  de 
l’aile  brun. 

Le  thorax  est  brun,  avec  les  épaulettes  très-finement  bordées 
extérieurement  de  blanchâtre.  Les  antennes  sont  filiformes.  L’ab¬ 
domen  finement  annelé  de  blanc. 

Le  dessous  est  entièrement  jaune.  Le  petit  trait  noir  qui  ferme  la 
cellule  discoïdale  transparaît  en  dessous,  ainsi  qu’une  teinte  brune 
près  du  bord  extérieur. 

Cette  espèce  est  dédiée  à  M.  le  lieutenant  Petitjean  de  Courcelles, 
dernièrement  attaché  au  bureau  arabe  de  Bou-Sâada,  comme  sou¬ 
venir  amical  de  MM.  Allard  et  R.  Oberthür. 


V.  —  PHALENITES 


Rumia  Cratægaria,  Alb. 

Bône  (Gando]phe). 

Metrocampa  Honoraria,  W.  Y. 

Collo,  en  juin  (Seriziat). 

Amphidasys  Betularia,  Alb. 

Bône  (Gandolphe). 

O 

Nychiodes  Lividaria,  Hbn. 

Collo,  en  juin  (Seriziat). 

Tephrosia  Crepuscularia,  W.  V. 

Collo,  en  j  uin  (Seriziat) . 

Pseudoterpna  Coronillaria,  Hbn. 

Collo,  en  juillet. 

Nemoria  Pulmentaria,  Gn. 

Collo,  en  juillet;  Bône. 

Eucrostis  Indigenaria,  Vill. 

Lambèze,  en  mai.  Cette  charmante  Phalène  semble  de  plus  grande 
taille  en  Algérie  que  dans  le  midi  de  l’Europe. (*) 


(*)  Apocheima  Flabellaria;  Or.an  (Lucas). 
Boarmia?  Boisduvalaria  5  Constantine  (Lucas). 


58 


PHALENITES 


Thetidia  Plusiaria,  Bdv. 

M.  Allard  a  trouvé  cette  délicieuse  espèce,  l’une  des  plus  jolies 
assurément  de  toutes  les  Géomètres,  assez  communément  à  El- 
Haçaïba,  en  juin  1870,  dans  des  lieux  couverts  d ' Artemisia  Herba- 
Alba.  L’année  dernière,  mon  frère  et  lui  en  trouvèrent  quelques 
exemplaires  dans  le  Djebel-Aurès  et  aux  environs  de  Lambèze. 

Ephyra  Pupillaria,  Hbn. 

Collo,  en  juillet. 

(*) 

Acidalia  Allardiata,  Mabille. 

Commune  autour  de  Lambèze;  El-Haçaïba  (prov.  d’Oran). 
L’A.  Allardiata  remplace  en  Algérie  la  Sericeata  du  midi  de 
l'Europe. 

Acidalia  Numidaria,  Lucas. 

Collo  (Seriziat)  ;  Boghari  (Raffray)  ;  Saïda  (Allard),  au  milieu  du 
mois  de  mai. 

Cette  Acidalia  jaune  est  très-voisine  de  Luteolaria;  elle  vole 
surtout  dans  les  localités  où  croît  la  ferula  communis. 

Acidalia  Ochrata?  Scop. 

Oued-Hounet  (prov.  Oran),  en  mai. 

Je  possède  un  seul  individu  qui  diffère  du  type  européen,  surtout 
parce  qu’il  a  les  lignes  très-peu  marquées.  Il  se  pourrait  que  ce  fût 
une  forme  distincte;  mais  je  n’ose  sur  un  seul  individu  fonder  une 
espèce  nouvelle. 

Acidalia  Cervantaria,  Millière. 

Collo  (Seriziat). 

Acidalia  Ostrinaria,  Hbn. 

Assez  commune  autour  de  Lambèze  et  çà  et  là  dans  la  province 


(*)  Clcta  Cirlanaria;  Constantine  (Lucas). 
Clcta  Vittarin;  Constantine  (Lucas). 


PHALENITES 


59 


d’Oran.  Le  type  algérien  diffère  de  celui  de  Provence  par  une  taille 
sensiblement  plus  grande  et  par  une  coloration  plus  pâle. 

Acidalia  interjectaria,  Bnv. 

Lambèze;  Saïda,  en  mai. 

Acidalia  Obsoletaria,  Ramb. 

Collo  (Seriziat). 

Acidalia  Incanaria,  Hbn. 

Boghari  ;  Collo. 

Acidalia  Sodaliaria,  H.  S. 

Collo  (Seriziat). 

Acidalia  Ornata,  Scop. 

Lambèze  ;  Collo,  en  mai.  Le  type  algérien  est  plus  blanc  et  a  les 
dessins  moins  marqués  que  le  type  ordinaire  de  l’Europe  méri¬ 
dionale. 

Acidalia  (*)  Nexata,  Hbn. 

C’est  une  des  plus  petites  du  genre.  Elle  est  commune  en  avril 
dans  des  plaines  sablonneuses  couvertes  d’herbes  fines,  aux  environs 
de  Nemours.  Souvent  on  la  trouve  cramponnée  aux  tiges  des 
graminées. 

Acidalia  Mediaria?  Hbn. 

Aïn-Kala,  fin  avril;  plus  grande  que  les  individus  de  l'Europe 
méridionale,  les  lignes  transversales  un  peu  plus  épaisses  et  plus 
droites.  Peut-être  est-ce  une  espèce  distincte? 

Acidalia  Subsericeata,  Haw. 

Acidalia  Imitaria,  Hbn. 


(*)  Acidalia  1  .itiçiosa ria :  Alger  (Lucas). 
Acidalia  F  mut  a  ria  ;  Lacalle  (Lucas). 

Acidalia  0«scata  5  Constantine,  Lacalle  (Lucas). 


GO 


PHALENITES 


Acidalia  Elongaria,  Ramb. 

Ces  trois  espèces  ont  été  trouvées  aux  environs  de  Collo,  par 
M.  Seriziat.  Elles  volent  le  soir  dans  les  jardins;  pendant  le  jour,  on 
les  fait  sortir  des  haies  ou  des  buissons  en  battant. 

Fellonia  Calabraria,  Pet. 

Collo,  en  juin  (Seriziat). 

Pellonia  Sicanaria,  H.  S. 

Commune  autour  de  Lambèze.  Je  l’ai  aussi  reçue  de  Boghari. 

Thamnonoma  Graëllsiaria,  Feisth. 

Prise  par  M.  Gaston  Allard  à  El-Haçaïba,  le  5  juin  1870. 

Macaria  Æstimaria,  Hbn. 

Collo,  en  juillet. 

Tephrina  Gastonaria,  Oberthür. 

Macta,  en  avril. 

Elle  se  tient  cachée  parmi  des  Scabieuses  sur  le  bord  de  la  mer, 
dans  les  lieux  un  peu  abrités. 

Cette  nouvelle  espèce  est  abondante  dans  la  localité  où  M.  Allard 
l’a  découverte,  et  j’en  ai  sous  les  yeux  plusieurs  exemplaires. 

Elle  est  de  taille  moyenne,  à  peu  près  comme  Catalaunaria.  Les 
quatre  ailes  sont  d’un  brun  rougeâtre  entourées  d’une  frange  large 
brune  d’abord,  puis  se  terminant  par  un  petit  liséré  d’un  blanc  très- 
pur  qui  tranche  bien  sur  le  brun  de  la  première  partie  de  la  frange 
et  semble  même  en  former  une  seconde. 

Assez  près  du  bord  extérieur  de  l'aile  supérieure,  on  voit  un 
trait  droit  assez  large,  blanc  d’argent,  qui  descend  depuis  le  sommet 
de  l’aile  jusqu’au  coin  inférieur,  formant  pour  ainsi  dire  la  corde 
d’un  arc  que  formerait  le  contour  du  bord  terminal  de  l’aile.  Ce 
trait  blanc  est  bordé  intérieurement  par  une  bande  brune  plus 
obscure  que  la  couleur  du  fond.  Un  petit  point  brun  est  placé  presqu’au 
centre  de  l’aile  entre  deux  nervures. 

L’aile  inférieure  est  traversée  par  deux  bandes  plus  brunes  que  le 
fond  :  l’une  contiguë  à  la  frange,  dont  elle  suit  le  contour;  l’autre 


PHALENITES 


61 

parallèle  à  la  première,  dont  elle  est  séparée  par  un  filet  d’un 
gris  clair. 

La  T.  Gasionaria  varie  passablement  pour  la  teinte  brune  du 
fond  qui  est  plus  ou  moins  foncée  et  quelquefois  gris  clair. 

Dédiée  à  M.  Gaston  Allard,  en  témoignage  de  cordiale  amitié. 

Cinglis  Humifusaria,  Eversm. 

El-Haçaïba,  en  juin  ;  Biskra,  fin  avril. 

Cette  Phalène  semble  être  toujours  rare  dans  les  localités  qu’elle 
habite. 

Rhoptria  Asperaria,  IIbn. 

Collo,  dans  les  broussailles,  en  juin. 

Scodiona  Miniosaria,  Dup. 

M.  G.  Allard  a  élevé  la  chenille  de  cette  espèce  qu’il  avait 
recueillie  aux  environs  d’Oran.  Les  papillons  sont  éclos  à  Angers 
à  la  fin  du  mois  de  septembre.  La  chenille  vivait  sur  le  Calicotomac 
intermedia  et  s’était  transformée  en  chrysalide  avant  la  fin  du 
printemps. 

Selidosema  Semicanaria,  Frr. 

Col-de-Taza  ;  Nemours  ;  Sebdou  ;  Collo. 

Cette  espèce  semble  assez  répandue  en  Algérie;  mais  elle  n’est 
nulle  part  abondante. 

Fidonia  Martiniaria,  Oberthür. 

Biskra,  vers  la  mi-mai. 

Dédiée  à  M.  Emmanuel  Martin  de  Creil,  possesseur  d’une  très- 
belle  collection  de  Lépidoptères  et  spécialement  de  Phalénites,  en 
témoignage  de  notre  cordiale  et  déjà  ancienne  amitié. 

La  Fidonia  Martiniaria  est  de  la  taille  de  notre  Atomaria. 
Elle  est  d'un  gris  jaunâtre  clair.  Ses  ailes  supérieures  sont  traversées 
de  haut  en  bas  par  deux  lignes  principales  d’un  brun  foncé;  la 
première  de  ces  lignes,  près  de  la  base,  est  assez  droite  ;  la  seconde 
est  coudée  dans  sa  partie  supérieure  et  suivie  d’une  bande  brune 
assez  large,  descendant  extérieurement  en  ligne  droite  de  la  côte 


62 


PHALENITES 


à  l'angle  interne.  L'espace  médian,  compris  entre  ces  deux  lignes, 
est  traversé  par  une  raie  indécise,  d’une  teinte  plus  foncée  que  la 
couleur  du  fond,  accentuée  à  l’extrémité  de  la  cellule  et  à  la  ren¬ 
contre  du  bord  interne  de  l’aile. 

Les  ailes  inférieures  sont  traversées  dans  leur  largeur  par  deux 
lignes  droites  brunes,  dont  l’une  (celle  qui  est  plus  près  du  bord 
extérieur)  est  largement  suivie  d’une  bande  brunâtre  qui  fait  la 
suite  de  la  bande  qu’on  remarque  à  l’aile  supérieure.  Les  antennes, 
pectinées  dans  le  cf  (seul  sexe  que  je  connaisse),  sont  blanchâtres. 
Le  thorax  et  l’abdomen  sont  gris  jaunâtre. 

Le  dessous  est  d’un  fauve  pâle,  avec  tout  le  tour  des  ailes  large¬ 
ment  bordé  de  brun  par  transparence  des  bandes  du  dessus. 

Fidonia  Chrysitaria,  Hbn. 

Cette  espèce  n’est  pas  très-rare  aux  environs  de  Lambèze;  elle 
varie  beaucoup  pour  les  dessins  des  ailes  supérieures  en  dessus.  Je 
possède  un  exemplaire  à  peu  près  semblable  à  celui  figuré  dans 
Y  Exploration  scientifique  de  Y  Algérie  (planche  II,  fig.  9,  b.  c.). 

Fidonia  Pennigeraria,  Hbn. 

Commune  dans  les  montagnes  autour  de  Collo,  en  mai.  Elle  vole 
de  9  heures  à  11  heures  du  matin. 

Sterrha  Sacraria,  L. 

Très-commune  aux  environs  de  Collo,  en  juillet,  dans  les  herbes 
sèches  (Seriziat).  Prov.  d'Oran  (Warion). 

Sterrha  Oranaria,  Lucas. 

Un  seul  exemplaire  pris  à  Collo,  en  juillet,  par  M.  Seriziat. 

Aspilates  Citraria,  Hbn. 

Col  de  Taza  (G.  Allard)  ;  Bône  (Gandolphe). 

Aspilates  Gilvaria,  W.  V. 

Collo,  en  avril  et  juillet;  vole  dans  les  lieux  arides. 


PHALENITES 


03 


Pachycnemia  Hippocastanaria,  Hun. 

Collo,  en  mai. 

(*) 

Eupithecia  Pumilata,  Hbn. 

Collo;  rare. 

Eupithecia  Scopariata,  Ramb. 

Nemours,  en  avril. 

Eupithecia  Fathmaria,  Obertiiür. 

M.  Gaston  Allard  a  pris,  le  27  avril  1870,  à  Oued-Hounet  (Prov. 
d’Oran),  un  seul  individu  de  cette  remarquable  espèce,  très- 
distincte  de  ses  congénères  européennes  par  sa  forme  allongée. 

Les  ailes  sont  longues,  étroites,  d’un  gris  de  souris  uniforme;  les 
supérieures  n’ont  d’autre  dessin  que  deux  lignes  noirâtres  trans¬ 
verses,  la  première  coudée  à  sa  partie  supérieure,  l’autre  toute 
droite  partant  de  la  côte  un  peu  avant  l'apex  et  descendant  au  bord 
interne  un  peu  en  deçà  de  l’angle  interne.  La  cellule  est  marquée 
par  un  petit  point  noir. 

Les  ailes  inférieures  sont  aussi  traversées  au  milieu  et  parallèle¬ 
ment  à  la  frange  par  une  ligne  noirâtre,  et  ont  le  petit  point 
cellulaire  noir. 

En  dessous,  les  ailes  sont  pareilles  au  dessus;  seulement  elles 
sont  d’un  gris  plus  clair. 

L’abdomen  est  long;  la  tête  ramassée  et  les  antennes  sont  comme 
des  fils  très-fins  et  blanchâtres. 

Melanippe  Fluctuata,  Lin. 

Collo,  en  août  et  septembre;  commune  dans  les  jardins. 

Camptogramma  Bilineata,  Lin. 

Collo,  où  elle  est  assez  rare;  Oued-Hounet,  où  M.  Allard  en  a  pris 


(*)  Chemcrina  Rambiiraria  :  Constantine  (Lucas). 


64 


PHALENITES 


un  individu  d’un  jaune  rougeâtre  extrêmement  pâle  avec  les  lignes 
et  dessins  très-peu  marqués. 

Eubolia  Cervinaria,  Rœsel. 

Collo,  en  août. 

Eubolia  Malvata,  Rbr. 

Collo,  en  août. 

Anaitis  Plagiata,  Lin. 

Très-commune  aux  environs  de  Lambèze.  Le  type  algérien  est 
d’un  gris  un  peu  bleuâtre,  assez  différent  du  type  européen  ;  mais  les 
lignes  et  les  dessins  sont  absolument  les  mêmes. 

Lithostege  Nivearia,  W.  Y. 

Nemours,  en  avril  ;  Lambèze,  en  mai ,  assez  rare. 

Chesias  Obliquaria,  W.  V. 

Arzew,  en  mars,  où  M.  Allard  n’en  a  pris  qu’un  individu.  Dans 
cet  exemplaire,  les  ailes  sont  du  même  gris  qu ' Hippocasianaria, 
sans  aucun  mélange  de  jaunâtre,  ni  de  ferrugineux,  et  les  dessins 
ordinaires  sont  à  peine  indiqués. 

Heteropsis  Testaria,  Fab. 

Cette  espèce,  figurée  dans  l 'Exploration  de  l’Algérie  sous  le 
nom  d 'Aspilates  Duponchelaria  Lucas,  est  assez  commune  à  la 
Macta  (Prov.  d’Oran),  où  M.  Allard  en  a  pris  un  certain  nombre 
d’individus  très-frais.  La  ç ,  plus  rare  que  le  cf,  est  d'un  jaune  plus 
pâle  et  a  les  antennes  filiformes. 


-y, 


VI.  ™  PYR ALITES 


Hypena  Obsitalis,  Hbn. 

Collo,  en  juin  et  juillet. 

Hypena  Lividalis,  Hbn. 

Collo,  avec  la  précédente.  M.  Seriziat  a  pris  ces  deux  espèces 
dans  les  jardins. 

Rivula  Sericealis,  W.  Y. 

Collo,  en  juin. 

Herminia  Crinalis,  Hbn. 

Commune  à  Collo,  dans  les  jardins  du  Commandant  supérieur, 
au  mois  de  juin  (Seriziat). 

Nodaria  Nodosalis,  H.  S. 

M.  Seriziat  a  pris  un  seul  exemplaire  de  cette  rare  espèce  aux 
environs  de  Collo. 

Odontia  Dentalis,  W.  V. 

Collo,  en  été. 

Pyralis  Fimbrialis,  W.  V. 

Oran  (Lucas). 

Pyralis  Farinalis,  L. 

Commune  dans  les  maisons,  où  on  la  trouve  posée  sur  les  murs. 

Pyralis  Glaucinalis,  Lin. 

Collo,  dans  les  jardins,  en  juillet  et  août. 


06 


PYRALITES 


Aglossa  Cuprealis,  Hbn. 

Alger  ;  Collo. 

Cledeobia  Interjunctalis,  Gn. 

Très-commune  en  juin,  autour  de  Collo.  Elle  se  tient  à  terre,  dans 
les  herbes. 

Cledeobia  Conneetalis,  Hbn. 

Boghari  (Raffray)  ;  Lambèze  (Allard  et  R.  Oberthür),  en  mai. 
La  9  semble  rare. 

Cledeobia  Morbidalis,  Gn. 

Setif  (Lucas). 

Cledeobia  Pectinalis,  H.  S. 

Boghari  (Raffray). 

Threnodes  Pollinalis,  W.  V. 

Très-commune  autour  de  Lambèze  ;  se  trouve  aussi  à  Sebdou  et 
à  Collo.  Le  type  algérien  est  grand  et  aies  taches  jaunes  très-dilatées. 

Noctuomorpha  Normalis,  Hbn. 

Batna,  au  premier  printemps. 

Aporodes  Floralis,  Hbn. 

Collo,  en  août  et  septembre. 

Pyrausta  Punicealis,  W.  V. 

Alger  (Lucas). 

Pyrausta  Purpuralis,  Lin. 

Lambèze,  en  mai. 

Rhodaria  Sanguinalis,  Lin. 

Assez  commune  à  Collo. 

Rhodaria  Pudicalis,  Dup. 

M.  Allard  et  mon  frère  ont  pris  cette  espèce  à  Biskra,  au  mois 
de  mai. 


PYRALITES 


Herbula  Intermedialis,  Dup. 

Lambèze,  en  mai  (G.  Allard  et  R.  Oberthür). 

Endotricha  Flammealis,  W.  V. 

Collo,  en  juin  et  juillet;  assez  rare. 

Stenia  Bruguieralis,  Dur. 

Collo;  très-rare. 

Stenia  Ornatalis,  Dup. 

Commune  autour  de  Collo. 

Paraponix  ?  Algiralis,  Gn. 

Lac  de  Tonga  (Lucas). 

Botys  Flavalis,  W.  Y. 

Lambèze,  en  mai.  Le  type  algérien  est  plus  grand  et  plus 
vivement  coloré  que  le  type  du  centre  de  la  France;  mais  je  ne 
crois  pas  que  ce  soit  une  espèce  distincte. 

Botys  Hyalinalis,  Hbn. 

Collo. 

Ebulea  Verbascalis,  W.  V. 

Collo,  en  juillet. 

Ebulea  Sambucalis,  Albin. 

M.  Seriziat  a  pris  cette  espèce  avec  la  précédente,  le  soir,  à  la 
lumière,  dans  les  jardins,  au  mois  de  juillet. 

Pionea  Forficalis,  Lin. 

Bône  (Lucas). 

Pionea  Africalis,  Gn.  ( Species  général,  p.  369  et  370). 

Algérie  (Lucas). 

Pionea  Conquisitalis,  Gn. 

Oran  (Lucas). 


68 


PYRALITES 


Pionea  Bifascialis,  Gn. 

Lambèze,  d’où  MM.  Allard  et  R.  Oberthür  ont  rapporté  un  individu 
très-frais  et  se  rapportant  très-bien  à  la  description  de  M.  Guenée. 
(Species  général ,  p.  372.) 

Spilodes  Comptalis  ?  H.  S. 

Lambèze,  en  mai.  Je  n’en  possède  qu’un  seul  individu.  Il  diffère 
un  peu  de  celui  figuré  par  M.  Guenée  ( Species  général,  atlas,  pl.  5), 
principalement  parce  que  le  fond  des  ailes  supérieures  est  d’un  beau 
blanc,  au  lieu  d’être  jaune  paille.  Je  crois  cependant  que  ce  n’est  pas 
une  espèce  différente  de  Comptalis,  mais  une  simple  variété  locale. 

Spilodes  Palealis,  Geoffr. 

Constantine  (Lucas) . 

La  variété  Algiralis,  Allard  ( Annales  Société  entomologique 
cle  France,  1867,  p.  321  et  322),  est  probablement  une  espèce  dis¬ 
tincte. 

Scopula  Ferrugalis,  Hbn. 

Très-commune  à  Collo,  en  juin  et  juillet. 

Scopula  Numeralis,  Hbn. 

Collo,  en  été. 

Scopula  Concoloralis,  Oberthür. 

Cette  espèce  est  de  la  taille  du  Botys  Flavalis;  elle  est  entièrement 
d’un  brun  ochracé,  sans  autre  tache  que  la  cellulaire  qui  est  rectan¬ 
gulaire  et  ressort  en  jaune  paille.  On  ne  voit  d’autre  ligne  qu’une 
sinuée  très-peu  indiquée,  commune  aux  deux  ailes,  et  longeant  le 
bord  extérieur.  La  tête  et  le  thorax  sont  d’un  ton  ochracé  plus  jaune 
que  les  ailes;  l’abdomen  est  de  la  couleur  des  ailes,  ainsi  que  les 
antennes  qui  sont  extrêmement  fines  et  longues. 

Le  dessous  est  d’une  couleur  ochracée  un  peu  plus  brune  que  le 
dessus;  la  tache  cellulaire  est  très-apparente.  Du  côté  externe  de  la 
ligne  transverse  commune  qui  existe  comme  en  dessus,  les  ailes 
sont  moins  rembrunies  que  du  côté  interne. 

Je  n’ai  pu  rapporter  à  aucune  de  celles  que  je  connais  cette 


P  YR.  ALITES 


G9 


Scopula  peu  brillante  et  d’une  couleur  terreuse,  uniforme.  Elle  a  été 
prise  entre  Biskra  et  Lambèze,  par  M.  Allard  et  mon  frère. 

Scopula  Illutalis,  Gn.  ( Species  général,  p.  400). 

Constantine  (Lucas). 

Est-ce  cette  espèce  qui  est  appelée  Bilutalis  dans  l'Exploration 
scientifique  de  V Algérie ? 

Nymphula  Interpunctalis,  Hbn. 

Lacalle  (Lucas)  ;  Collo  (Seriziat). 

Mecyna  Polygonalis,  IIbn. 

Bône  (Gandolphe)  ;  Oran  (Warion). 

Stenopteryx  Hybridalis,  IIbn. 

C’est  un  des  papillons  les  plus  communs  et  les  plus  répandus.  Il 
se  trouve  presque  dans  le  monde  entier. 

Hellula  Undalis,  Fab. 

Collo,  en  juin. 

Scoparia  Ambigualis,  Tr„ 

Collo,  en  juillet. 

Scoparia  Seriziatalis,  Oberthür. 

Je  crois  inédite  une  charmante  Scoparia  prise  à  Aïn-Khala  par 
MM.  Allard  et  mon  frère,  à  la  fin  d’avril  1875. 

Elle  est  de  la  taille  de  la  Pgrenœalis ,  Dup.  ( Pyrenaïcalis,  Gn.). 
L’aile  supérieure  est  d’un  gris  jaunâtre  gai.  Le  bord  externe  est 
marqué  de  points  noirs  extrêmement  petits  et  bordé  d’une  ligne 
étroite  festonnée  d’un  jaune  sablé  de  rougeâtre.  Les  deux  lignes 
transverses  sont  bien  écrites  en  gris  noirâtre  ;  celle  qui  est  plus  près 
de  la  base  forme  un  arc  de  cercle,  l’autre  qui  est  au-delà  de  la  cellule 
est  sinueuse.  L’espace  compris  entre  ces  deux  lignes  contient  tout 
près  du  bord  interne  une  tache  noirâtre  adossée  à  la  ligne  extra¬ 
basilaire  et  une  tache  rougeâtre  accolée  à  l’autre  ligne  vis-à-vis  de 
la  tache  noirâtre.  Ces  deux  taches  sont  séparées  par  une  sorte  de 


70 


PY  II  ALITES 


virgule  noire  qui  descend  de  la  tache  réniforme  en  forme  de  8.  Dans 
cette  tache,  la  partie  supérieure  du  8  est  seule  bien  marquée  et 
rembrunie  ;  la  partie  inférieure  est,  au  contraire,  peu  apparente  ;  la 
base  est  pointillée  légèrement  d’atomes  gris  et  rougeâtres  ;  la  côte 
est  claire. 

Les  ailes  inférieures  sont  blanches  avec  le  bord  marqué  au  milieu 
de  trois  petits  points  noirs  ;  on  remarque  aussi  parallèlement  à  la 
frange  une  petite  bande  à  peine  indiquée  grisâtre,  qui  traverse  l’aile 
jusqu’aux  deux  tiers  environ. 

La  frange  aux  quatre  ailes  est  blanche. 

La  tête,  le  corps  et  l’abdomen  sont  gris  jaunâtre. 

Les  ailes  sont  en  dessous  entièrement  blanc  jaunâtre  très-luisant. 
Les  ailes  inférieures  sont  plus  pâles  cependant  que  les  supérieures, 
où  les  nervures  sont  finement  marquées  de  gris  et  où  la  tache 
réniforme  transparaît  comme  un  gros  point  noirâtre. 

J’ai  dédié  cette  espèce  à  M.  le  Dr  Seriziat,  dont  le  nom  revient  si 
souvent  au  cours  de  cette  étude. 


- 


VII 


PSYCHIDES 


Psyché  Mediterranea,  Lederer. 
Col  de  Taza,  en  avril. 


J’ai  reçu  d’Algérie  les  fourreaux  de  deux  autres  espèces  de 
Psyché;  mais  je  ne  connais  pas  les  mâles  et  je  ne  puis  par  consé¬ 
quent  savoir  à  quelles  espèces  appartiennent  ces  fourreaux. 

L’un,  trouvé  à  Boghari  par  M.  Raffray,  est  très-long  et  très-gros. 
Il  est  formé  de  graminées  grises,  serrées  les  unes  contre  les  autres. 
(Parmi  les  graminées  d’un  de  ces  fourreaux  on  voit  une  petite 
Hélix.)  Ce  fourreau  ressemble  un  peu  à  celui  de  Fehretta, 
Vilosella;  mais  il  est  bien  plus  grand  et  compose  de  tiges  beaucoup 
plus  fines  et  plus  nombreuses. 

L’autre  a  été  rencontré  à  Bou-Sâada  par  MM.  G.  Allard  et 
R.  Oberthür.  Il  est  quadrangulaire  et  formé  de  petites  bûchettes 
régulièrement  coupées.  Plusieurs  fois  déjà,  ces  fourreaux  si  curieux 
ont  été  recueillis  en  Algérie  par  des  naturalistes  ;  mais  le  mâle  est 
encore  inconnu.  Il  doit  ressembler  à  celui  de  l’espèce  appelée 
Quadrangularis,  si  bien  figurée  et  décrite  dans  Y  Iconographie 
de  M.  Millière  (t.  III,  p.  373). 

Fumea  Pectinella?  Fab. 

Oued-Hounet,  à  la  fin  de  mai.  Je  rapporte  à  Pectinella  trois  <? 
pris  par  M.  Allard.  Je  n’ai  pas  vu  le  fourreau.  Il  est  possible  qu’il 
diffère  de  celui  de  Pectinella  et  que  l’espèce  algérienne  soit  spéci¬ 
fiquement  distincte  de  celle  de  Hongrie. 


VIII.  —  MICROS 


* — - - 


Les  Microlépidoptères  d’Algérie  sont  encore  à  peine  connus.  Je  dois 
à  M.  le  Dr  Seriziat  des  renseignements  sur  quelques  espèces  des 
environs  de  Collo,  et  je  relève  dans  Y  Exploration  scientifique  cle 
l'Algérie  les  espèces  déterminées  ou  décrites  par  le  savant 
M.  Guenée. 

Tortrix  Insolatana,  Guenée. 

Oran  (Lucas). 

Tortrix  Unicolorana,  Dup. 

Bône  (Lucas). 

Xylopoda  Nemorana,  IIbn. 

Cercle  de  Lacalle  (Lucas). 

Xanthosetia  Peramplana,  Hbn. 

Lacalle  (Lucas). 

Argyrolepia  Loriculana,  Guenée. 

Oran  (Lucas). 

ïlithya  Cruentella,  Dup. 

Cette  charmante  espèce  aux  ailes  blanches  marquées  de  rose  et 
frangées  de  jaune  d’or,  n'est  pas  rare  à  Lambèze,  où  MM.  Allard  et 
R.  Oberthiir  en  ont  recueilli  plusieurs  exemplaires. 

Crambus  Grammiculellus,  Guenée. 

Lacalle  (Lucas). 

Crambus  Craterellus,  Sc. 

Collo  (Seriziat);  commun  en  juin,  dans  les  broussailles. 


Crambus  Candiellus,  H.  S. 

Collo  (Seriziat)  ;  rare. 


MICROS 


73 


Crambus  Rorellus,  L. 

Constantine  (Lucas) . 

Myelois  Cribrella,  Hbn. 

Lambèze,  en  mai. 

Nemotois  Latreillellus,  Fab. 

Constantine  (Lucas)  ;  Collo  (Seriziat)  ;  vole  dans  les  clairières  des 
bois. 

Nemotois  Pantherellus,  Guenée. 

Lacalle  (Lucas);  Collo  (Seriziat). 

Nemophora  Pilulella,  Hbn. 

Collo,  au  printemps  (Seriziat). 

Palpula  Pyropella,  W.  V. 

Lacalle  (Lucas). 

Tinea  Pellionella,  Lin. 

Alger  (Lucas). 

Tinea  Granella,  Lin. 

Collo  (Seriziat),  en  juin  et  juillet. 

Oecocecis  Guyonella,  Guenée. 

Mon  frère  a  trouvé,  aux  environs  de  Biskra,  cette  curieuse  espèce 
minutieusement  décrite  en  1870  par  M.  Guenée  dans  les  Annales 
de  la  Société  entomologique  de  France,  et  a  rapporté  des  galles 
produites  par  ce  Microlépidoptère  sur  le  Limoniastrurn  Guyo- 
nianwn. 

Helina  Flammella,  Hbn. 

Constantine  (Lucas). 


74 


MICROS 


Hæmylis  Jugurthella,  Guenée. 
Constantine  (Lucas). 

Pterophorus  Monodactylus,  L. 

Très-commun  à  Collo,  en  juillet: 

Pterophorus  Spilodactylus,  Curtis. 
Alger  (Lucas). 


PL  I 


Voiyade.  p! 


Debray 


i  Lycæna  Martinn  6.  AUard. 
2a"  Lycæna  Allardii  6,  otanu.- 


3  Melitæa  var.  Punica  6.  ob*n/u.s 
II/'"  Cœnonympha  Fettiçn  6,  obenhiu-, 
Janiroid.es  6, 


Etudes  Entomologiques ,  I  /  -  J 


6 


5 


1 


a. 


Foujade  p*  Debray  <fc/. 


l^DeilephilaTithymali  ( <5  ç  et  larve.)  3aùs. 

2  Clecphana  Chabordis  6,ob*rM.r 

3  Cleophana  Warioms  S.otxrrMr 


Ij/2*  Anthoecia  Chanzyi  (>  <±,  obcrMi,- 

5  Euclidia  Petitjeanii  <S,  obtrtkur 

6  Scopula  Concoloralis  â,  oberthur. 


Imp.  Ml.  ÇhahScn  aine  Taris 


1 


5 


TowcuLï  pf 


8 


3 


JDebréat  j- o. 


i  Melitæa  at.  Deserticola  j,  obrOu.- 
Hesperia  Hamza  6  oka-nuir. 
o  Hespena  Lineola  i.Och* 

I),  Zyoæna  Loyselis  j,  obtnM.,- 


5  Orcya  Pan -Lacroix»  6.  oben/u., 

6  Acidaha  Mediaria  ?  j,  .ra*. 

7  Tephnna  Gastonaria  J.  oba-thür 

8  Rhcdaria  Pudicalis  6.  Dup 


Tmf  CA.  CJuirdon  aine-,  T ans 


Etudes  Entomologiques,  '  CULcue^A^S .j 
2 


Fewadz  p'. 


6 

10 


Debray  sc 


i  Hypopta  ?  Reibelii  Q.  Obérai 
Apamea  Falîovi  g,  btèmür 
Caradrina  Flava  6 ,  obrs-rhu, 

(j.  Agrotis  Iônipeta  6.  otenhUr. 
Chanclea  Darollesi  6,  obrra-,,,-. 


6  Ophiusa  Boisdefïrii  g.  ma-t/uir 

7  Cerocala  var.  Algiriæ  6,  oka-thü. 

8  Fidoma  Martimaria  6.  obert/uw 
g  Eupithecia  Fathmaria  6,  obérai, 

10  Scoparia  SenziataJis  g,  Obérai, 


Ch  Charria n,  auto..  Dans 


Gôô  0Ü27C]7C\&  3 

nhent  QL542.02 
v.  1  Etudes  d'entomologie